L’ONU appelle à investir dans les petits Etats insulaires en développement affectés par le changement climatique

27 septembre 2019

Lors d’un Sommet sur les petits Etats insulaires en développement (PEID), le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Tijjani Muhammad-Bande, ont appelé la communauté internationale à aider ces Etats durement affectés par le changement climatique à renforcer leur résilience économique et environnementale.

Ce Sommet appelé Examen de haut niveau à mi-parcours de la ‘Voie SAMOA’ a lieu cinq ans après la conclusion d'un accord ambitieux visant à soutenir le développement durable dans ces pays.

Ce vendredi, les pays participants au Sommet ont adopté une Déclaration politique appelant à trouver des moyens d’aider les PEID à gérer les risques de catastrophe, à investir dans des infrastructures résilientes au changement climatique et à procéder à une transition vers les énergies renouvelables. Elle exhorte également les institutions internationales à aider les PEID, en particulier les pays à revenu intermédiaire très endettés, à accéder au financement.

Les 38 pays désignés par les Nations Unies comme PEID comptent parmi les pays les plus vulnérables du monde. Situés dans les Caraïbes, les océans Pacifique et Atlantique, ainsi que dans l'océan Indien et la mer de Chine méridionale, ils subissent les conséquences d'un climat mondial de plus en plus extrême et imprévisible. Outre les défis environnementaux, les PEID sont confrontés à un ensemble unique de problèmes liés à leur petite taille, leur éloignement et leur exposition aux chocs économiques externes.

La plupart des pays insulaires ont tendance à faire face à des contraintes similaires dans leurs efforts de développement durable, tels qu'une base de ressources étroite, des marchés intérieurs restreints et une forte dépendance à l'égard de quelques marchés extérieurs et parfois distants. Ils doivent aussi généralement faire face à des coûts élevés pour la nourriture, qui doit souvent être importée, ainsi que pour l’énergie, les infrastructures, les transports et les communications. Ces difficultés sont encore compliquées par les difficultés qu’ils rencontrent pour mobiliser des fonds de développement à des conditions abordables et appropriées.

Photo ONU/OCHA/Mark Garten
Marsh Harbour, sur l'île d'Abacos, aux Bahamas, qui a été ravagée par l'ouragan Dorian début septembre 2019.

Les petits Etats insulaires en développement paient le prix fort

« L'urgence climatique représente la plus grande menace pour leur survie. Dans les petits pays insulaires, une catastrophe naturelle peut éroder une génération de gains de développement. J'ai vu cela à Barbuda et à la Dominique, et plus récemment aux Bahamas. L'ouragan Dorian était un véritable enfer sur terre », a déclaré M. Guterres dans un discours devant les participants du Sommet.

« Environ un quart de la population des petits États insulaires en développement vit à cinq mètres ou moins au-dessus du niveau de la mer. Une réinstallation ailleurs pourrait avoir de graves conséquences sur leurs sociétés et leur mode de vie, et même poser des problèmes de souveraineté et d'identité nationale », a-t-il ajouté.

Des solutions existent et il est temps de les mettre en œuvre - António Guterres

Les petits États insulaires en développement sont à la pointe des efforts mondiaux en matière de lutte contre le changement climatique. Lundi, lors du Sommet Action Climat, ils se sont engagés ensemble à arriver à la neutralité carbone et à passer à 100% d’énergies renouvelables d’ici 2030.

« Bien qu’ils contribuent très peu, pratiquement rien, au réchauffement de la planète, les petits États insulaires en développement paient le prix fort. Et en raison de leur statut de pays à revenu intermédiaire, beaucoup sont piégés dans un cycle accéléré et insoutenable de catastrophe et de dette. Le monde doit intervenir et arrêter cela », a déclaré le Secrétaire général.

« Il est temps de prendre de grandes décisions et de réaliser de gros investissements dans les petits États insulaires en développement », a-t-il ajouté. « Des solutions existent et il est temps de les mettre en œuvre. Les petits États insulaires en développement sont en première ligne pour la protection et la conservation des océans qui sont le moteur de notre planète ».

De son côté, le Président de l’Assemblée générale, Tijjani Muhammad-Bande, a rappelé que « le multilatéralisme ne concerne pas seulement les mesures préventives, il concerne également les mesures correctives visant à garantir l'égalité, l'inclusion et la justice sociale dans chaque pays ».

Dans un entretien à ONU Info avant le Sommet, la Haut-Représentant de l’ONU pour les petits Etats insulaires en développement, Fekitamoeloa Katoa ‘Utoikamanu, a souligné que ces Etats ne « restaient pas les bras croisés » mais qu’ils étaient des « pionniers » dans la lutte contre le changement climatique.

 

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