La Convention des droits de l'enfant fête ses 30 ans

25 septembre 2019

Au cours des 30 dernières années, les droits sont devenus une réalité pour des millions d'enfants, s’est félicité mercredi le Secrétaire général des Nations Unies lors de la Commémoration du 30ème anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant.

« Mais beaucoup reste à faire », a cependant souligné António Guterres lors de cette commémoration en marge du débat général de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York. Il en a voulu pour preuve les millions d’enfants dans le monde qui ont faim, sont frappés par la maladie, vivent dans la peur, ou souffrent en raison de leur appartenance religieuse ou de leur handicap.

Le chef de l’ONU a évoqué l’installation de l’UNICEF, 3.758 cartables bleus alignés sur la pelouse des Nations Unies, en hommage aux enfants tués pendant les conflits.

« C’était un cimetière, où des sacs à dos d’enfants faisaient office de pierres tombales. Chaque sac à dos représentait un enfant tué lors d’un conflit en 2018 », a décrit M. Guterres. « C’était un tableau d’une tristesse absolue. Un cimetière des rêves. Un cimetière de l’innocence ».

© UNICEF/Farber/Getty
Des cartables de l'UNICEF au siège de l'ONU à New York pour dénoncer les décès d'enfants lors de conflits.

Les conflits armés menacent les droits de l'enfant

« Il n’y a pas de plus grande menace pour les droits de l’enfant que les conflits armés », a affirmé le chef de l’ONU. « Ces conflits amplifient tous les autres risques auxquels les enfants sont déjà exposés ».

Les enfants vivant dans des zones de conflit courent un plus grand risque de subir des violences sexuelles, qui provoquent des traumatismes psychologiques et physiques dont il est souvent difficile de se relever.

En outre, entre 2004 et 2016, le nombre d’enfants victimes de la traite a plus que doublé.

« La plupart du temps, ces enfants sont ensuite enrôlés comme soldats ou soumis à l’exploitation sexuelle et au travail forcé », a souligné le chef de l’ONU. « Nous ne pouvons pas l’accepter ».

« Les jeunes filles sont particulièrement vulnérables, notamment à cause des risques de mariage précoce et d’exploitation et d'atteintes sexuelles. Elles ont encore moins de chances d’aller à l’école, et sont plus susceptibles de souffrir de la faim et de devoir porter le fardeau du travail domestique non rémunéré », a relevé M. Guterres. « La meilleure protection, c’est encore et toujours la paix ».
 

Photo UNICEF/Vlad Sokhin
Une jeune fille de la communauté Iñupiat sur la banquise à Barrow, en Alaska. La fonte des glaces de l'Arctique est l'un des nombreux effets du réchauffement climatique.

Évoluer à mesure que l’enfance change

La Directrice du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) est également intervenue lors de l'événement. 

Henrietta Fore a souligné que les changements auxquels les enfants sont confrontés aujourd'hui « étaient inimaginables pour les enfants en 1989 », précisant que le changement climatique, les inégalités croissantes et les conflits prolongés étaient les moteurs de la nouvelle vague de jeunes défenseurs.

« L'enfance est en train de changer, et nous aussi, nous devons changer », a-t-elle exhorté. « Vous avez le droit à l'éducation et à la protection en matière de santé, vous avez le droit de faire entendre votre voix, vous avez le droit à un avenir », a-t-elle ajouté à l'adresse des enfants de l'auditoire.

Les pays doivent investir dans « ceux qui font avancer l'avenir », et, non seulement écouter les enfants et les jeunes, « mais travailler avec eux pour réaliser le changement qu'ils veulent voir ». « Soutenons-les, agissons avec eux, et dans 30 ans, considérons ce moment comme un moment où le monde s'est engagé et a mis en place des programmes concrets pour tenir nos promesses envers les enfants et les jeunes », a-t-elle dit.

 

Une solidarité internationale sans précédent en faveur des enfants 

Depuis son adoption il y a 30 ans, la Convention des droits de l'enfant et son adhésion quasi-universelle ont créé « une solidarité internationale sans précédent autour des droits de l'enfant », a salué le Secrétaire général.

Selon lui, la Convention est l'accord international sur les droits de l'homme le plus largement ratifié de l'histoire. Elle qui signifie que « pour la première fois, les gouvernements ont explicitement reconnu que les enfants ont les mêmes droits humains que les adultes ».

La Convention reconnaît notamment le droits des enfants à la santé, aux soins, à l’alimentation, à l’eau et à l’assainissement et à une chaise dans une salle de classe, même s’ils vivent avec un handicap ou dans des zones de guerre.

A ce jour, 196 pays ont ratifié la Convention, à l'exception des États-Unis, qui ont néanmoins fait part de leur intention de la ratifier.

Tout en soulignant qu’il espérait voir le jour où tous les États membres de l'ONU apporteraient leur plein appui à la Convention, le chef de l’ONU a appelé les participants à renouveler leur engagement de toujours faire de l’intérêt de l’enfant la priorité et leur attachement à la Convention relative aux droits de l’enfant en signant la promesse mondiale.

« Ensemble, faisons tout pour que les efforts et progrès accomplis pendant les trente dernières années ne s’arrêtent pas en chemin », a-t-il exhorté

« Ce n’est pas le moment de baisser la garde », a déclaré António Guterres, exhortant les États à redoubler d’efforts pour que tous les enfants puissent grandir en sécurité et en bonne santé et avoir les moyens de réaliser leurs rêves.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Malgré les progrès, une femme enceinte ou un nouveau-né meurt toutes les 11 secondes (ONU)

Les femmes et leurs enfants sont aujourd’hui plus nombreux que jamais à avoir la vie sauve, grâce notamment à un meilleur accès à des services de santé abordables et de qualité, selon les nouvelles estimations de la mortalité infantile et maternelle publiées jeudi par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance et l'Organisation mondiale de la Santé.