Yémen : le Conseil de sécurité condamne l’intensification des attaques menées par les houthistes

29 août 2019

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a condamné jeudi « avec la plus grande fermeté » l’intensification des attaques menées par les houthistes depuis le Yémen contre les civils et les infrastructures civiles en Arabie saoudite.

Dans une déclaration rendue publique par sa Présidence, le Conseil demande aux houthistes de « mettre fin immédiatement et sans condition préalable » à leurs attaques, soulignant que ces dernières mettent en danger les civils et ont fait quantité de morts et de blessés, représentent une grave menace contre la sécurité nationale de l’Arabie saoudite et de la région, de manière plus générale, et risquent de nuire au processus politique mené sous l’égide de l’ONU.

Les membres du Conseil se sont déclarés profondément préoccupés par l’escalade de la violence, qui a fait récemment des morts et des blessés à Aden, Chaboua, Saada, Sanaa et dans tout le Yémen. Ils demandent une nouvelle fois à toutes les parties de s’acquitter des obligations que leur impose le droit international humanitaire, notamment en ce qui concerne la protection des civils, en particulier des enfants, et l’accès des organisations humanitaires, ainsi que de leurs obligations au regard du droit international des droits de l’homme, le cas échéant. « Les responsables des violations au Yémen doivent répondre de leurs actes », ont-ils souligné.

Le Conseil s’est également dit particulièrement préoccupé par l’évolution récente de la situation dans le sud du Yémen, notamment par la tentative violente de mainmise sur des institutions publiques. Il engage toutes les parties impliquées à faire preuve de retenue et à préserver l’intégrité territoriale du pays. L’Arabie saoudite a pris l’initiative d’organiser un dialogue à Djedda en vue de régler la situation. Une initiative pleinement soutenue par le Conseil qui a exhorté toutes les parties à y participer de manière constructive pour en garantir le succès.

L’application de l’Accord de Stockholm doit être poursuivie

Concernant l’Accord de Stockholm conclu en décembre dernier entre le gouvernement yéménite et les rebelles houthis, le Conseil a de nouveau demandé aux parties de s’employer à poursuivre l’application dans une plus large mesure de ce texte. Il les a en particulier exhortés à collaborer étroitement avec l’Envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, et à redoubler d’efforts pour déterminer les dispositions de l’accord sur l’échange de prisonniers, qui aiderait à renforcer la confiance entre les parties.

Le Conseil s’est félicité de la réunion positive du Comité de coordination du redéploiement, qui s’est tenue les 14 et 15 juillet, et de l’engagement renouvelé des parties d’exécuter la première phase du concept des opérations relatif au redéploiement d’Hodeïda. Il a demandé à toutes les parties de réagir favorablement aux propositions de l’Envoyé spécial pour appliquer la première phase sans délai.

Les membres du Conseil ont noté les progrès positifs accomplis par les parties pour ce qui est d’accepter la deuxième phase du concept ainsi que le renforcement et la surveillance du cessez-le-feu dans la province de Hodeïda. Ils ont souligné qu’il importe que la Mission des Nations Unies en appui à l’Accord sur Hodeïda (MINUAAH) progresse sur la voie d’un déploiement complet.

Vivement préoccupé par l’aggravation de la situation humanitaire, le Conseil a, de nouveau, demandé à toutes les parties d’assurer l’entrée et la circulation en toute sécurité et sans entrave sur tout le territoire des articles à caractère commercial ou humanitaire et du personnel humanitaire, y compris les vivres et le carburant. Cette demande vise à empêcher le détournement de l’aide humanitaire, et de garantir, dans la durée, le bon fonctionnement de tous les ports yéménites et l’accès routier à ces ports partout dans le pays, qui s’est fortement dégradé ces derniers mois.

Le Conseil a souligné qu’il importe d’accroître le rythme et l’ampleur de l’intervention humanitaire et s’est dit préoccupé par les rapports selon lesquels l’ONU est de plus en plus à court de fonds et commence à réduire ou à cesser des activités essentielles à la survie. Au vu du risque actuel de famine et d’épidémies, il a exhorté les donateurs à s’acquitter promptement des promesses de dons en faveur de l’intervention humanitaire menée par l’ONU et à fournir des fonds supplémentaires dans la mesure du possible.

 

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