Guterres : « Le Mozambique a une autorité morale indéniable » pour demander un soutien international

11 juillet 2019

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, est arrivé jeudi à la mi-journée à Maputo, au Mozambique, où il a rencontré le chef de l'État et des membres du gouvernement. Le chef de l'ONU a été briefé sur les derniers développement et la situation après les cyclones Idai et Kenneth qui ont frappé le pays au mois de mars et d’avril.

Le Secrétaire général a déclaré à Maputo que « le Mozambique a une autorité morale indéniable » pour demander le soutien de la communauté internationale après les cyclones qui ont frappé le pays en mars et avril.

António Guterres s'est entretenu avec des journalistes à l'issue d'une rencontre avec le président mozambicain, Filipe Jacinto Nyusi, et plusieurs membres du gouvernement.  

Le chef de l'ONU a déclaré que « le Mozambique ne contribue guère au réchauffement climatique, mais il est en première ligne des victimes de ce même réchauffement planétaire ».

« Cela lui donne le droit d'exiger de la communauté internationale une forte solidarité et un fort soutien tant dans la réponse aux drames créés par les tempêtes qui dévastent le pays, que dans la préparation du pays, dans la reconstruction et la préparation du pays aux situations futures ».

António Guterres est arrivé dans le pays ce jeudi pour une visite de deux jours. Après Maputo, il se rendra vendredi dans la ville de Beira afin de visiter les zones touchées par le cyclone Idai et un camp de réinstallation des personnes déplacées.

Pour le chef de l’ONU, visiter le Mozambique « est une affaire de cœur ». Il s'est déjà rendu dans le pays dans le cadre de toutes les fonctions officielles qu'il a exercées, en tant que Premier Ministre du Portugal, Président de l'Internationale socialiste, Haut-Commissaire pour les réfugiés et maintenant Secrétaire général des Nations Unies.

L'ONU présente au Mozambique dès la première heure

Le chef de l'ONU a dit que « les Nations Unies ont toujours été avec le peuple mozambicain, il est vrai, dès la première heure ».

« Les organismes des Nations Unies considéraient le Mozambique comme une priorité absolue à l'époque, mobilisant le meilleur d'eux-mêmes pour pouvoir soutenir le peuple mozambicain et contribuer à ce qui fut une mobilisation très efficace du gouvernement et un courage extraordinaire du peuple. Une réponse extraordinaire », a-t-il dit.

António Guterres a rappelé l'appel humanitaire de 280 millions de dollars lancé par les Nations Unies, affirmant qu'« il était loin d'être pleinement respecté ». Il a également indiqué que lors de la conférence des donateurs qui s'est tenue en mai dans la ville de Beira, l'État mozambicain a demandé 3,2 milliards de dollars et 1,2 milliard de dollars ont été annoncés.

« Il est clair qu'il faudra plus d'aide, plus de soutien de la communauté internationale pour le Mozambique pour être en mesure d'y répondre efficacement. Et pas seulement plus de soutien, mais la mise en œuvre rapide de l'aide promise. Et c'est là une autre question décisive en ce qui concerne la solidarité de la communauté internationale. Il est nécessaire non seulement de soutenir, mais de soutenir à temps ».

ONU/Eskinder Debebe
Le Secrétaire général António Guterres est accueilli à son arrivée à Maputo, la capitale du Mozambique.

Président

De son côté, le président Filipe Jacinto Nyusi a déclaré que l'ONU « a été la première entité et institution à se joindre aux Mozambicains pour mobiliser de l'aide. Il a déclaré que l'appui reçu par le pays était « le résultat des appels lancés par le Secrétaire général personnellement, mais aussi en tant qu'institution ».

Jacinto Nyusi a dit que António Guterres avait « personnellement » suivi l'ensemble du processus. Lors de la conférence internationale des donateurs, il « a encouragé et mobilisé plus d'énergie pour comprendre ce qu'il fallait faire ».

Le Président a souligné le travail des agences de l'ONU et a déclaré qu'elles « travaillaient pour sauver plus de vies et atténuer les souffrances des Mozambicains ».

Le chef de l'État mozambicain a indiqué que le processus de paix a également été discuté au cours de sa réunion avec le chef de l'ONU. M. Nyusi a expliqué « les mesures qui sont prises dans le dossier de la paix », qu'il considère comme « la primauté principale du peuple mozambicain ».

Photo ONU/Eskinder Debebe
Après les cyclones Idai et Kenneth au Mozambique, des écoliers de Beira, au Mozambique, étudient dans une salle de classe endommagée, dont le toit a été largement détruit.

 Partis armés

Le dirigeant mozambicain a également exprimé l'intention qu'avant octobre, date des élections présidentielles, « il n'y ait pas de partis armés et que chacun puisse célébrer la fête de la démocratie sans crainte ».

Après une réunion avec l'équipe-pays des Nations Unies au Mozambique qui lui a fait le point de la situation dans le pays, le Secrétaire général s'est etretenu avec le Président mozambicainet les membres de son gouvernement .António Guterres a ensuite participé à une réunion sur la protection des enfants atteints d'albinisme.

Photo ONU/Eskinder Debebe
Rencontre du Secrétaire général avec le Président du Mozambique.

 

 

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