L'ONU veut être plus accessible aux personnes handicapées

11 juin 2019

La nouvelle stratégie du Secrétaire général des Nations Unies en faveur des personnes handicapées, lancée mardi au siège de l’Organisation à New York, va permettre de mieux intégrer les personnes handicapées au sein de l'Organisation et de faire de l'ONU un allié stratégique.

« Je veux que les Nations Unies soient accessibles à tous. C'est très simple : nous ne pouvons pas être une plate-forme de changement lorsque les personnes handicapées n'ont pas accès à cette plate-forme pour parler », a déclaré le Secrétaire général mardi lorsqu'il a annoncé sa Stratégie pour l'inclusion des personnes handicapées.

L’initiative servira à améliorer les normes de fonctionnement des Nations Unies en matière d'inclusion pour ce groupe.

António Guterres, qui a fait l'annonce lors de la séance d'ouverture de la 12e session de la Conférence des États parties à la Convention relative aux droits des personnes handicapées, a signalé que la stratégie est le résultat d'un « examen complet de notre performance en matière d'inclusion des personnes handicapées », qu'il a commandé au début de son mandat.

L'étude a révélé des lacunes importantes dans toutes les activités de l'Organisation.

« Le rapport montre un manque de compréhension et d'approches systémiques pour s'assurer que nous assumons nos responsabilités. Il montre une inégalité dans notre approche - dans l'utilisation des outils et mécanismes existants - non seulement dans nos stratégies, mais aussi dans notre connaissance des politiques de base », a précisé le chef de l’ONU. 

Pour cette raison, la Stratégie cherche, par des actions plutôt que par des mots, « à élever les normes de fonctionnement des Nations Unies dans le domaine de l'inclusion des personnes handicapées et à réaliser le changement unifié et transformateur dont nous avons besoin », a-t-il déclaré.

Le plan a été salué par la Rapporteure spéciale sur les droits des personnes handicapées, Catalina Devandas-Aguilar, qui a estimé qu’il pourrait marquer un « tournant » pour l'inclusion des personnes handicapées dans l'Organisation.

Cependant, elle a averti que « ce n'est que le point de départ d'un long processus pour faire des Nations Unies un véritable allié stratégique des personnes handicapées ».

Des mesures importantes doivent encore être prises pour jeter les bases et assurer la pleine intégration du handicap dans tous les piliers de l'action de l'Organisation et pour rendre durable la stratégie récemment adoptée.

Photo: ONU/Loey Felipe
Nujeen Mustafa, réfugiée syrienne handicapée et défenseur des jeunes réfugiés, s'adresse au Conseil de sécurité sur la situation en Syrie.

L'exemple de Nujeen Mustafa

Le Secrétaire général a donné l'exemple de la jeune réfugiée syrienne, Nujeen Mustafa, une femme de 20 ans qui souffre de paralysie cérébrale et se déplace en fauteuil roulant. Nujeen Mustafa a récemment transmis un message clair aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU en tant que femme handicapée et affectée par la guerre.

António Guterres a rappelé ses paroles mardi : « La maxime ‘Ne laissez personne derrière vous’ ne doit pas être seulement des mots que vous prononcez. Vous pouvez et devez faire davantage pour vous assurer que les personnes handicapées sont incluses dans tous les aspects de votre travail. On ne peut plus attendre ».

 

 

Le chef de l'ONU a également rappelé que l'inclusion des personnes handicapées est essentielle à la réalisation du Programme de développement durable à l'horizon 2030 et que, lorsque les obstacles sont levés et que des opportunités sont offertes aux personnes handicapées, tout le monde en bénéficie.

Ainsi, l'Organisation internationale du travail (OIT) a établi que l'exclusion des personnes handicapées du monde du travail peut priver les pays de près de 7 % de leur produit intérieur brut. La réalisation des droits des personnes handicapées est une question de justice, ainsi qu'un investissement de bon sens dans notre avenir commun.

Tout en étant conscient de cette réalité, António Guterres a souligné qu'il reste un « long de chemin à parcourir » pour changer les mentalités, les lois et les politiques afin de garantir les droits, les opportunités et la dignité des personnes handicapées à travers le monde.

C'est pourquoi la Conférence des États parties doit prendre les mesures nécessaires pour faire des objectifs de la Convention une réalité tangible et pour parvenir à une plus grande collaboration « entre les États membres, le système des Nations Unies, les organisations de la société civile, en particulier les organisations de personnes handicapées, ainsi que le secteur privé et les établissements universitaires », a-t-il dit.

 

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