En visite au Laos, des chefs d’agences onusiennes appellent à investir davantage dans la nutrition

16 mai 2019

A l’issue d’une visite de trois jours au Laos, des hauts responsables de trois agences onusiennes ont lancé jeudi un appel à investir davantage dans la nutrition dans le cadre des efforts de ce pays pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD), et notamment l'objectif Faim Zéro

Le Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), José Graziano da Silva, le Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley, et le Directeur sous-régional du Fonds international de développement agricole (FIDA), Thomas Rath, se sont rendus dans ce pays d'Asie du Sud-Est pour mieux sensibiliser le public à l'importance de systèmes alimentaires intégrés visant à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et se rendre compte directement de l’impact des programmes mis en œuvre par les trois agences.

Le Laos a réalisé des progrès remarquables en matière de réduction de la pauvreté et de la faim ces 20 dernières années, mais la malnutrition demeure un obstacle face à l'objectif du pays de devenir un pays à revenu intermédiaire.

Les retards de croissance affectent près d'un tiers des enfants âgés de moins de cinq ans et les zones rurales sont les plus affectées. Améliorer l'accès à des régimes alimentaires sains et diversifiés est essentiel afin d'améliorer la nutrition.

Au cours de sa visite, la délégation a rencontré des membres du gouvernement laotien et s'est rendue sur plusieurs sites dans la province d'Oudomxay, dans le nord du pays, où a été mis en œuvre un vaste programme conjoint pour la sécurité alimentaire et la nutrition, qui bénéficie à près de 400 villages.

« Ce projet est un excellent exemple du travail collaboratif des trois agences onusiennes qui s'appuient sur les forces de chacune d'entre elles pour travailler avec les gouvernements, les bailleurs de fonds et d'autres partenaires afin de maximiser les retombées positives sur le terrain en vue d'améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle en zone rurale », a précisé M. Rath.

FAO/Manan Vatsyayana
Des enfants de l'école primaire Ban Bor, du district de Xay, en République démocratique populaire lao arrosent un potager. Mai 2019.

 

Le programme vise à améliorer la nutrition en zone rurale et est le fruit d'une collaboration entre la FAO, le FIDA, le PAM, le gouvernement du Laos et d'autres partenaires.

Dans le cadre de ce programme, la FAO travaille aux côtés des agriculteurs afin d'augmenter leurs revenus issus de l'élevage afin qu'ils puissent se permettre d'acheter des aliments plus nutritifs pour leurs familles. A cela s'ajoute le travail de la FAO visant à encourager les producteurs de riz à pratiquer la pisciculture dans leurs rizières afin de leur apporter à la fois des revenus supplémentaires, mais aussi une nouvelle source nutritive de protéines.

De son côté, le FIDA gère un fonds de plusieurs millions de dollars, dont le principal objectif est d'aider les communautés rurales à développer des cultures nutritives et un type de bétail répondant aux demandes du marché.

Le FIDA travaille également aux côtés des femmes en milieu rural afin d'améliorer le régime alimentaire de leurs familles, en particulier lors des 1000 premiers jours suivant la phase de conception. Les femmes bénéficient d'un soutien et d'une formation en vue d'éviter les grossesses précoces chez les adolescentes et de favoriser leur inclusion dans les activités agricoles liées à la nutrition.

Soutenir les écoles sensibilisant les agriculteurs à la nutrition et dont la mission est également de former les communautés agricoles à produire et à cuisiner davantage d'aliments nutritifs, ainsi qu'à mettre en place des potagers chez soi afin d'améliorer la diversité alimentaire, compte parmi les activités du PAM.

La délégation s'est également rendue dans le district de Xay pour visiter l'école de Ban Bor, qui participe à un programme national de repas scolaires visant à promouvoir des régimes alimentaires plus sains pour les enfants.La délégation a pu constater l'impact du programme de nutrition scolaire du PAM mis en œuvre dans plus de 500 écoles, un programme dont le gouvernement a maintenant pris le relais.

Les communautés sont également encouragées à créer et à gérer des potagers dans les écoles afin d'assurer la disponibilité en produits frais et locaux pour les repas scolaires et de former les enfants aux problèmes liés à la nutrition.

 

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