A Genève, trois conférences pour lutter contre les déchets et les produits chimiques dangereux

29 avril 2019

180 gouvernements ont entamé lundi à Genève des négociations pour s’accorder sur des mesures clés visant à protéger notre santé et environnement des méfaits des déchets plastiques et électroniques et des produits chimiques dangereux.

Les négociations sont menées dans le cadre de trois Conférences des Parties aux Conventions de Bâle (déchets dangereux), de Rotterdam (produits chimiques dangereux) et de Stockholm (polluants organiques persistants).

« Les gouvernements ont la possibilité de prendre des décisions historiques et juridiquement contraignantes au cours des deux prochaines semaines », a déclaré Rolph Payet, le Secrétaire exécutif des trois Conventions à l’ouverture des travaux au Centre de conférence internationale de Genève.

M. Payet a émis le souhait que ces trois négociations simultanées, prévues jusqu’au 10 mai 2019, aboutissent à des décisions qui déboucheront sur des mesures pratiques pour mieux protéger la santé humaine et l’environnement des produits chimiques et des déchets.

Ces mesures doivent permettre de débarrasser le monde des déchets plastiques en mer et d’enrayer la vague de déchets électroniques, afin de « protéger davantage notre santé et notre environnement de certains des produits chimiques les plus toxiques et les plus dangereux au monde ». Les déchets et produits chimiques dangereux constituent des « menaces omniprésentes, bien comprises et impossibles à ignorer », souligne le Secrétariat des trois Conventions.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 1,6 million de décès évitables chaque année sont dus à une mauvaise gestion des produits chimiques et des déchets.

Avec environ 100 millions de tonnes de plastique dans nos mers, la Conférence des Parties à la Convention de Bâle examinera ainsi les propositions d’amendements juridiquement contraignants qui permettront aux 187 Parties de mieux réglementer les mouvements de déchets plastiques. Les Etats Parties sont également appelé à plus de transparence dans la gestion de ces déchets, en soumettant par exemple les exportations de déchets plastiques dans le cadre de l’Etat de droit. Il s’agit aussi de mesures contraignantes pour mieux gérer les déchets plastiques de manière écologiquement rationnelle.

PNUE GRID Arendal / Peter Prokosch
Des déchets marins, principalement du matériel de pêche, sont collectés sur les plages du nord-ouest du Spitzberg, en Norvège.

Le volume des déchets pourrait atteindre 120 millions de tonnes d’ici 2050

Le combat est le même en ce qui concerne les déchets électroniques qui représentent le flux de déchets dangereux qui connaît la croissance la plus rapide au monde.

Les déchets électroniques sont considérés comme dangereux en raison de la présence de substances toxiques telles que le mercure, le plomb et les retardateurs de flamme bromés dans les appareils électriques. Ils peuvent également contenir des métaux de valeur économique tels que l’or, le cuivre et le nickel. Ensemble, ordinateurs, imprimantes, téléviseurs, réfrigérateurs, climatiseurs, téléphones portables et autres déchets électroniques représentent environ 50 millions de tonnes produites chaque année. Selon la Convention de Bâle, ce chiffre pourrait plus que doubler pour atteindre 120 millions de tonnes par an d’ici 2050.

Dans ces conditions, la Conférence des Parties entend examiner des directives techniques actualisées pour la gestion écologiquement rationnelle des déchets électroniques. « Si elles sont adoptées, elles constitueront un ensemble de procédures pratiques et convenues à l’échelle mondiale pour réduire les incidences néfastes sur la santé humaine et l’environnement », a fait valoir le Secrétariat de la Convention de Bâle.

Pendant ces deux semaines de travaux, le défi consistera de trouver une solution urgente aux 100 millions de tonnes de plastique et de 50 millions de tonnes annuelles de déchets électroniques. « J’ai demandé aux pays et au secteur privé d’anticiper et de mener une réflexion, notamment au sujet du recyclage non seulement des batteries automobiles mais aussi aux panneaux photovoltaïques », a insisté M. Payet lors d’une conférence de presse.

Recycler mais aussi prolonger la durée de vie des appareils électroménagers

A Genève, les Etats sont invités à se projeter dans 20 ans pour déterminer l’avenir de matériaux qui contiennent pourtant des produits chimiques.

« Les batteries automobiles mais aussi les panneaux photovoltaïques vont certainement résoudre le problème du changement climatique, mais il faut un système de gestion des déchets », a fait remarquer M. Payet.

Pour le recyclage ou la durée de vie des appareils électroménagers, les Nations Unies en appellent également à la responsabilité des entreprises et des consommateurs. « La Convention de Bâle a préparé un guide qui doit être adopté par l’industrie pour une meilleure gestion lors de la production d’appareils électroniques et leurs chaînes de valeurs. Ensuite il y a la responsabilité des consommateurs pour limiter cette culture de changement des mobiles et tous les électroménagers », a ajouté M. Payet. 

Le Secrétaire exécutif spécifique à la Convention de Rotterdam, Hans Dreyer, a, pour sa part, souligné que le partage accru des connaissances entre les Parties constitue un élément important de la réduction des risques liés aux pesticides et de la transition vers une agriculture durable.

La population mondiale devrait atteindre 9,7 milliards d’habitants d’ici 2050. « Le défi consistera à produire suffisamment d’aliments nutritifs et sains sans nuire à la santé humaine ni à l’environnement avec des pesticides dangereux », a ajouté Hans Dreyer.

Avec les prédictions des scientifiques sur l’effondrement des populations de faune sauvage du a la pollution par les produits chimiques, il est urgent de prendre des mesures pour une planète propre, des personnes en bonne santé.

A cet égard, il est proposé, au titre de la Convention de Stockholm, d’inscrire deux nouvelles substances chimiques à l’Annexe A de la Convention de Stockholm, à savoir le pesticide Dicofol et l’acide perfluorooctanoïque (PFOA). Il s’agit enfin d’inscrire trois nouveaux produits chimiques à l’Annexe III de la Convention de Rotterdam, à savoir l’acétochlor et le phorate (pesticides) et l’hexabromocyclododécane (un produit chimique industriel).

 

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