Les Nations Unies célèbrent le centenaire de l’Organisation internationale du travail à New York

10 avril 2019

L’Assemblée générale des Nations Unies a célébré mercredi, lors d’une session spéciale, les 100 ans de l’Organisation internationale du travail (OIT), dans un contexte de profondes transformations dans le monde du travail.

« Nous vivons une époque de profonde incertitude, de perturbations et de transformations technologiques. Des innovations telles que l'intelligence artificielle aideront à doper les économies et à réaliser les objectifs de développement durable. Mais en même temps, le marché du travail sera bouleversé : de nombreux emplois seront créés et de nombreux emplois seront détruits. La notion même de travail changera - ainsi que la relation entre travail, loisirs et autres activités », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui a salué la décision de l’OIT de focaliser la célébration de son centenaire sur « L’avenir du travail ».

Le chef de l’ONU a estimé que les Etats membres n’étaient pas encore prêts à affronter ces changements qui affecteront leurs populations.

Selon lui, pour y faire face, il faut investir massivement dans l'éducation. Il faut également de nouvelles politiques de protection sociale pour aider ceux qui sont affectés de manière négative par les transformations technologiques. « Nous devons mobiliser les gouvernements et tous les acteurs comme jamais auparavant », a dit M. Guterres.

Le Secrétaire général s’est félicité de l'appel de la Commission mondiale de l’OIT sur l'avenir du travail - coprésidée par le Président de l'Afrique du Sud et le Premier ministre de la Suède - en faveur d'une approche centrée sur les êtres humains et qui redynamise le contrat social à l'ère numérique.

« Alors que l’économie numérique opère dans un monde sans frontières, plus que jamais, les institutions internationales doivent jouer un rôle vital dans l’avenir du travail que nous voulons », a déclaré M. Guterres.

La Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, Maria Fernanda Espinosa, a rappelé pour sa part que plus de 40 millions de personnes sont aujourd'hui victimes de formes modernes d'esclavage et que 190 millions de personnes sont au chômage, dont un tiers de jeunes. Les travailleurs pauvres sont 300 millions à travers le monde, dont la moitié sont des jeunes. Et deux milliards environ de personnes travaillent dans le secteur informel, souvent sans protection sociale.

« C'est dans ce contexte que nous devons atteindre l'objectif de développement durable 8. Le travail décent est au cœur de nos efforts pour lutter contre la pauvreté et les inégalités », a dit Mme Espinosa. « Il est essentiel de ne laisser personne de côté, d'autonomiser les femmes, les jeunes, les minorités, les peuples autochtones et les personnes handicapées ».

La célébration du centenaire a eu lieu à la veille de la date anniversaire de la création de l’OIT. C’est en effet le 11 avril 1919 que fut adoptée la Constitution de l’OIT par la Conférence de paix de Paris, organisée à la fin de la Première guerre mondiale.

La cérémonie devait être suivie d’une série de discussions de haut niveau sur l’avenir du travail.

Une campagne sur les réseaux sociaux intitulée #myFutureofWork, qui invite des jeunes à partager leurs visions personnelles de l’avenir du travail, a également été lancée par le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, et l’Envoyée du Secrétaire général de l’ONU pour la jeunesse, Jayathma Wickramanayake.

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