Journée des Roms : célébrer la culture rom et lutter contre la haine

8 avril 2019

Les États doivent agir pour mettre fin à la discrimination et à la rhétorique raciste contre les Roms, a déclaré lundi un expert des Nations Unies à l’occasion de la Journée internationale des Roms.

« Les États doivent respecter leurs engagements en matière de droits humains et prendre des mesures antiracistes globales pour répondre à la montée de l'intolérance, des discours de haine et des attaques contre les Roms et les autres minorités », a appelé le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les minorités, Fernand de Varennes, dans un communiqué.

« Une action immédiate est nécessaire pour combattre la rhétorique raciste inflammatoire », affirmé le défenseur des droits humains.

Selon l’expert, la Journée internationale des Roms est l'occasion de mettre les États au défi de respecter leurs obligations internationales en matière de droits de l'homme, de mettre en œuvre des mesures globales de lutte contre la discrimination et de prendre des initiatives législatives et politiques pour protéger et promouvoir les droits fondamentaux des minorités roms, leur identité et leur culture.

Il faut notamment s'efforcer de mieux faire connaître au public l'histoire des Roms et la Journée de commémoration de l'Holocauste à l'intention des Roms.

Les Roms, qui constituent la plus grande minorité d'Europe, ont une histoire riche et ont apporté une contribution considérable à la société. Leur patrimoine artistique et culturel est trop souvent ignoré ou méconnu.

Un lieu où vivent des Roms à Schinoasa, en Moldavie. Photo HCDH/Claude Cahn

Mettre en évidence les obstacles, les préjugés et la discrimination

« Cette commémoration ne vise pas seulement à célébrer la culture rom. Il s'agit également de mettre en évidence les obstacles encore trop courants que constituent les préjugés et la discrimination auxquels ils sont trop souvent confrontés dans tous les domaines de la vie», a précisé Fernand de Varennes.

L'augmentation du nombre d'intimidation, d'agression et de violence physique à l'encontre des Roms en Europe, notamment dans les médias sociaux, est extrêmement préoccupante 

Pour ce faire, l’expert souligne qu’il est nécessaire de prendre davantage de mesures pour lutter contre les discours haineux, l'intolérance et la violence à caractère raciste à leur encontre.

« Les cas récents d'intimidation, d'agression et de violence physique à l'encontre des Roms en Europe et l'augmentation apparente du nombre d'incidents au cours des dernières années, notamment dans les médias sociaux, sont extrêmement préoccupants », a signalé M. de Varennes.

« Je note avec une vive inquiétude à quel point les perceptions sociales profondément enracinées, le sectarisme et les stéréotypes concernant les minorités roms sont utilisés pour attiser la haine, ce qui conduit à la perpétration d'actes odieux contre elles », a précisé l’expert onusien.

Un engagement ferme et une action résolue sont également nécessaires pour lutter efficacement contre la rhétorique et les pratiques incendiaires et racistes qui déshumanisent, diabolisent et discriminent les Roms, y compris dans les médias, et pour garantir un accès égal à la justice et des recours efficaces.

De nombreux facteurs contribuent à créer un terreau propice à l'expression de la haine, de l'exclusion, des boucs émissaires et des actes de violence contre les minorités roms dans le monde entier. Il s'agit notamment de la discrimination structurelle et institutionnelle, associée à l'évolution de l'environnement économique et politique, à l'exacerbation des inégalités socio-économiques et à la montée du populisme.

Des manifestations anti-Roms à Sofia, en Bulgarie, en septembre 2011.

Faire des Roms des membres à part entière de la société

Selon le défenseur, des mesures doivent être prises pour faire en sorte que les conditions soient créées pour qu'ils deviennent des membres à part entière de la société dont les droits de l'homme sont pleinement respectés. 

De telles mesures maximiseraient leur participation à la société et leurs chances de succès et constitueraient une étape importante sur la voie d'un avenir meilleur et plus prometteur pour les Roms.

Les gouvernements ont la responsabilité particulière de veiller à ce que les communautés minoritaires telles que les Roms aient les possibilités et le respect dont elles ont besoin pour réussir en tant que membres productifs et responsables de la société.

L'engagement avec les communautés roms et les organisations de la minorité rom et la garantie de leur participation significative et effective dans tous les domaines, y compris dans les organes de décision, devraient rester une priorité essentielle pour les États du monde entier, dans le cadre de leur engagement à mettre pleinement en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques de 1992.

 

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