Gaza : des enquêteurs de l’ONU demandent à Israël de revoir ses règles d'engagement militaires

18 mars 2019

Des enquêteurs nommés par le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies ont exhorté lundi Israël à réviser ses règles d'engagement militaires, à l’approche du premier anniversaire du début des manifestations organisées à la barrière séparant ce pays de la bande de Gaza et qui ont causé la mort de dizaines de Palestiniens et blessé des milliers d’autres.

Le président de la Commission d’enquête sur les manifestations de 2018 dans les Territoires palestiniens occupés, Santiago Canton, a expliqué que selon les règles d’engagement militaires israéliennes, les manifestants « peuvent être touchés à tout moment dans la jambe ».

En théorie, selon lui, cela ne devrait être le cas que lorsque la foule constitue une menace imminente pour la vie, alors qu’en réalité, cela a été rarement le cas.

La Commission d’enquête estime avoir trouvé « des motifs raisonnables de penser que les forces de sécurité israéliennes ont commis de graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire ».

Lors des manifestations de l’année dernière dans la bande de Gaza, appelées ‘la grande marche du retour et la levée du siège’, 189 Palestiniens ont été tués, dont 183 par des balles réelles.

Parmi les victimes figuraient des enfants, des personnes handicapées - dont un double amputé tué par balle alors qu'il était assis dans son fauteuil roulant - des journalistes et du personnel médical.

Moins de deux semaines avant l’anniversaire du début des manifestations, la Commission d’enquête appelle la communauté internationale à éviter davantage de morts. « Il est important qu'Israël modifie les règles d’engagement et mette fin aux tirs », a dit M. Santiago lors d’une conférence de presse à Genève.

La question des manifestants lançant des cerfs-volants et des ballons incendiaires depuis Gaza est également abordée dans le rapport de la Commission d’enquête, a déclaré un autre membre de la Commission, Sara Hossain, soulignant que « des dommages matériels importants ont été causés dans le sud d’Israël ».

De son côté, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé lundi un appel de fonds de 5,3 millions de dollars pour aider les milliers de Gazaouites blessés et handicapés lors des manifestations.

« L’ampleur des besoins en matière de traumatologie à Gaza est immense. Chaque semaine, des patients blessés nécessitant un traitement complexe à long terme continuent d'arriver dans des hôpitaux », a déclaré le Dr Gerald Rockenschaub, chef du bureau de l'OMS pour les Territoires palestiniens occupés.

L'OMS s’est dit inquiète que l’anniversaire de la Grande Marche, le 30 mars, fasse de nouvelles victimes et augmente le nombre de personnes nécessitant des soins.

 

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