La cheffe des droits humains de l’ONU exhorte le Guatemala à garantir les libertés démocratiques

14 janvier 2019

Alors que des manifestations sont prévues dans plusieurs villes du Guatemala lundi et mardi, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a appelé le gouvernement guatémaltèque à garantir la liberté d'expression et d'opinion, ainsi que le droit de réunion et d'association pacifiques.

« La liberté d'expression, sans crainte de représailles et d'intimidation, est la colonne vertébrale de la démocratie », a déclaré Mme Bachelet dans un communiqué de presse. « Une culture des droits de l'homme et de la paix est renforcée lorsque divers groupes sociaux peuvent s'exprimer dans l'espace public et exercer librement leurs droits ».

Des manifestations ont été organisées par divers secteurs de la société civile pour protester en particulier de la décision du gouvernement la semaine dernière de mettre fin unilatéralement à la Commission internationale contre l'impunité au Guatemala (CICIG).

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a vivement rejeté la décision du Guatemala et demandé au gouvernement de respecter ses obligations juridiques en vertu de l’accord ayant créé cette commission. Le mandat de la CICIG doit prendre fin le 3 septembre 2019.

La CICIG créée en 2007 pour lutter contre la corruption

La CICG a été créée en 2007 afin d'assister les autorités guatémaltèques dans la lutte contre la corruption et notamment les dispositifs de sécurité clandestins. Selon la presse, la CICIG soupçonne le Président Morales de financement illégal. Le fils et le frère du président ont été accusés de fraude fiscale dans le cadre des enquêtes et sont en attente de leur procès.

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme s'est déclarée lundi très préoccupée par les récentes attaques contre l'indépendance de la Cour constitutionnelle. « Il est essentiel de garantir la primauté du droit, l'indépendance et l'impartialité du pouvoir judiciaire et le respect des institutions démocratiques, en particulier de la Cour constitutionnelle, du pouvoir judiciaire, de l'Institution nationale des droits de l'homme, du ministère public et du tribunal électoral », a-t-elle dit.

Mme Bachelet a souligné que ces institutions et leurs responsables jouent un rôle crucial dans le respect des droits de l'homme, de l'Etat de droit et de la démocratie. « L'exercice approprié de leurs fonctions est fondamental dans le contexte actuel et pour la tenue des élections générales dans les prochains mois. Le respect de leur sécurité et de leur intégrité physique, ainsi que de celles de leurs familles, doit être garanti par l'État du Guatemala dans le respect de ses obligations internationales en matière de droits de l'homme », a-t-elle dit.

La Haut-Commissaire a déclaré que son bureau au Guatemala et elle-même étaient prêts à continuer d'aider les autorités à s'acquitter de leurs obligations et engagements internationaux en matière de droits de l'homme.

Photo ONU/Evan Schneider
Le Secrétaire général de l'ONU António Guterres (à droite) avec Iván Velásquez Gómez, Commissaire de la Commission internationale contre l'impunité au Guatemala (CICIG). 22 mai 2018.

La CICIG répond aux accusations du gouvernement

Dans une lettre adressée vendredi au Secrétaire général de l’ONU, le chef de la CICIG, Iván Velásquez, a répondu aux accusations formulées par le gouvernement guatémaltèque pour justifier sa décision d'expulser la commission du pays.

« Depuis sa création en 2007, la CICIG a œuvré résolument - conformément à son mandat, en accompagnant les institutions nationales - à l'identification et au démantèlement d'organisations illégales et d'appareils de sécurité clandestins, ainsi qu'à la promotion de réformes juridiques et institutionnelles visant à empêcher leur réapparition », a écrit M. Velásquez.

Grâce à ses travaux, la CICIG a soutenu plus d'une centaine d'affaires devant les juridictions nationales, obtenu plus de 300 condamnations et promu plus de 34 réformes juridiques.

Selon M. Velásquez, « la lutte contre la corruption fait face à une opposition aux quatre coins de la planète, mais cela ne doit pas empêcher les efforts mondiaux de lutter contre ce fléau qui empêche le développement des pays et des démocraties ».

 

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