Syrie : des milliers de personnes fuient les combats à Deir-ez-Zor (ONU)

11 janvier 2019

Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) s’est dit vivement préoccupé vendredi par les informations faisant état de plus en plus de victimes civiles, notamment des femmes et des enfants, à la suite à d’un regain de tension dans l’enclave de Hajin dans le gouvernorat de Deir-ez-Zor, dans le nord-est de la Syrie.

« Outre les femmes et les enfants, de nombreuses personnes âgées sont à risque », a déclaré Andrej Mahecic, porte-parole du HCR, lors d’un point de presse ce vendredi à Genève.

Selon le HCR, ces récents combats dans l’Est de la Syrie ont également occasionné des « déplacements à grande échelle » parmi la population civile.

Au cours des six derniers mois, des affrontements et des frappes aériennes dans le sud-est du gouvernorat de Deir-ez-Zor ont forcé environ 25.000 personnes à fuir.

L’Agence de l’ONU pour les réfugiés estime qu’il reste encore 2.000 personnes dans cette région de Hajin.

« Nous sommes inquiets du sort des civils qui continuent d’être bloqués dans les zones contrôlées par l’Etat islamique », a ajouté M. Mahecic.

Les familles déplacées qui se rendent au camp d’Al Hol, dans le nord-est de la Syrie ont indiqué au personnel du HCR que les civils qui tentent de fuir font face à des difficultés et des obstacles pour quitter la zone de conflit.

Dans ces conditions, le HCR appelle toutes les parties, ainsi que toutes les personnes qui ont une influence sur les belligérants, à garantir la liberté de circulation et la sécurité du passage. La majorité des personnes récemment déplacées ont cherché refuge au camp d’Al Hol.

Les civils syriens qui ont réussir à fuir ont fait état de conditions de plus en plus précaires, avec une diminution des services et des prix extrêmement élevés des denrées alimentaires de base.

En attendant, plus de 8.500 personnes se sont installées au camp d’Al Hol au cours des cinq dernières semaines.

Certains déplacés séjournent également dans le camp informel d’Abou Khashab ou vivent parmi les communautés locales.

« Beaucoup sont épuisés après avoir fui à pied et souffrent clairement », relève le porte-parole du HCR qui ajoute que certains ont passé quatre nuits ou plus dans le désert, sous une pluie battante et par un temps froid, avec très peu de biens personnels, de nourriture ou d’eau.

Les conditions difficiles dans l’enclave auraient entraîné la mort de six bébés

Ce voyage dangereux et difficile et les conditions à l’intérieur de l’enclave auraient entraîné la mort de six enfants - tous âgés de moins de 12 mois.

« Tragiquement, la plupart sont morts après leur arrivée à Al Hol, trop affaiblis pour survivre », précise M. Mahecic.

Selon le HCR, les équipes sanitaires d’urgence à Al Hol procèdent immédiatement à un dépistage. La priorité est de soigner les blessures, les membres amputés, et les engelures. Les infections respiratoires aiguës, le rhume et la grippe sont également des sources de préoccupation.

« Les gens sont confus, épuisés et en détresse, notamment parce qu’ils ont laissé des membres de leur famille derrière eux », fait valoir l’agence onusienne qui a réitéré son appel pour un accès humanitaire sans entraves afin de pouvoir fournir une aide humanitaire vitale pendant cette difficile période hivernale.

Par ailleurs, dans le gouvernorat de Hassakeh, le camp de fortune d’Al-Areesha, qui abritait environ 10.000 déplacés, a été touché par la crue des eaux d’un réservoir tout proche. Plus des deux tiers du camp sont sous l’eau. Les résidents s’installent dans les zones les plus élevées du camp.

Les travailleurs humanitaires et les volontaires ont déplacé plus de 1.200 tentes sur des terrains plus élevés et plus sûrs et ont assemblé de grandes tentes communes au cas où le niveau de l’eau augmenterait et que davantage de familles devraient déménager.

Les familles sont frustrées car beaucoup ont dû déménager plus d’une fois au cours du dernier mois alors que le niveau de l’eau continuait à monter.

UNHCR/Hisham Arafat
Un jeune garçon déplacé voit son reflet dans les eaux montantes du camp d'Al-Areesha. Les personnes déplacées dans le camp d'Al-Areesha ont été gravement touchées depuis décembre 2018 par les fortes pluies et les inondations généralisées.

Au nord du Liban, la tempête Norma a coûté la vie à une réfugiée syrienne de 8 ans

Au Liban voisin, la tempête Norma a affecté cette semaine les communautés libanaises et réfugiées.

Plusieurs jours de vents violents, de fortes pluies et de neige ont provoqué des inondations et des dégâts dans plusieurs villes et villages du Liban, qui abrite près d’un million de réfugiés syriens. Plus de 360 sites accueillant plus de 11.000 réfugiés ont été touchés dans tout le pays.

À Minieh, dans le nord du Liban, la tempête a coûté la vie à Fatima, une réfugiée syrienne âgée de huit ans qui a été emportée par les inondations.

« Nous soutenons ses parents et ses frères et sœurs en cette période très difficile », a indiqué le porte-parole du HCR.

La plupart des dégâts ont été causés par de fortes pluies et des inondations dans des camps de fortune. Dans la seule vallée de la Bekaa, au moins 6.000 réfugiés syriens ont dû être déplacés à la suite d’inondations ou de graves dégâts causés à leurs abris.

Partout au Liban, le HCR aide 166.000 familles vulnérables dans le cadre de son programme d’assistance hivernale pour les aider à rester au chaud et bien au sec.

Cet hiver, le HCR a pour objectif de fournir une aide hivernale à 3,5 millions de déplacés internes en Syrie et en Iraq ainsi que des réfugiés en Syrie, au Liban, en Jordanie, en Iraq et en Égypte.

Plus de deux millions de déplacés internes et de réfugiés syriens et iraquiens ont été pris en charge grâce à l’assistance fournie pour la préparation à l’hiver. Le budget total du plan régional de préparation pour l’hiver s’élève à 180 millions de dollars et couvre la période allant de septembre 2018 à mars 2019.

 

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