A Bali, le chef de l’ONU appelle l’ASEAN à accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable

11 octobre 2018

Lors d’un sommet de l’Association des Nations d’Asie du Sud-est (ASEAN), le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a prévenu les dirigeants de cette organisation régionale des risques que font peser les inégalités persistantes et le changement climatique et mis en garde contre la crise dans l’Etat de Rakhine, au Myanmar.

Le chef de l’ONU participait jeudi à cette rencontre organisée à Denpasar, sur l’île de Bali, en Indonésie. L’occasion pour le Secrétaire général de rappeler que le Programme de développement durable à l'horizon 2030 est la « fondation solide pour construire une mondialisation juste » dans un environnement reposant sur le multilatéralisme.  

« Notre monde ne va tout simplement pas assez loin et assez vite pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) », a déploré M. Guterres devant les dirigeants des 10 pays membres de l’ASEAN : Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Myanmar, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam.

Le chef de l’ONU a félicité les pays de l’ASEAN pour les progrès importants réalisés au cours des 50 dernières années et l’émergence de l’organisation régionale comme puissance économique d’envergure mondiale.  

« Depuis l'an 2000, l'extrême pauvreté a été divisée par deux dans cette région. Nous avons constaté de grands progrès dans la réduction de la mortalité infantile et maternelle et dans la recherche de la parité des sexes dans l'éducation », a dit M. Guterres. « Néanmoins, l’ASEAN est loin d’être immunisée contre les grandes tendances mondiales provoquées par des défis tels que le changement climatique, l’inégalité croissante, l’urbanisation et les conséquences de la quatrième révolution industrielle, sans parler des tensions commerciales récentes », a-t-il nuancé.

Quatre pays de l’ASEAN parmi les 10 pays les plus menacés par le changement climatique

S’il a salué les efforts des 10 pays pour « réduire l’écart de développement » entre eux et au sein de leur propre population, le chef de l’ONU a souligné qu’ils doivent adopter un « large éventail de stratégies » visant à éliminer la pauvreté et à assurer un développement inclusif.

« Cela signifie améliorer l'accès à une éducation et à des soins de santé de qualité. Cela signifie réformer le système fiscal, le rendre plus équitable et capable de maximiser les revenus pour des investissements dans le développement durable. Cela signifie un meilleur accès aux marchés du travail, des systèmes de protection sociale solides et la valorisation de la riche diversité et du dividende démographique des jeunes de l'ASEAN », a dit M. Guterres.

Devant les pays de l’ASEAN, le Secrétaire général a également souligné l’urgence de l’action pour le climat. Un défi qui n’est pas étranger aux Etats membres de l’organisation régionale. Quatre d’entre eux - le Myanmar, les Philippines, la Thaïlande et le Viet Nam - figurent parmi les 10 premiers pays au monde les plus touchés par le changement climatique.

« Le rapport du GIEC publié cette semaine indique clairement que le changement climatique avance plus vite que nous et nous n’avons pas de temps à perdre », a alerté M. Guterres. « Mais il n'est pas trop tard. Nous pouvons limiter l'élévation de température à 1,5 degré (Celsius). Nous disposons de nombreuses technologies dont nous avons besoin - et chaque effort compte », a-t-il ajouté, soulignant qu’il comptait sur le leadership de l’ASEAN pour être au rendez-vous lors de la prochaine conférence de l’ONU sur le climat (COP 24) qui se tiendra en décembre à Katowice, en Pologne.

Myanmar : mettre en œuvre les recommandations de la Commission sur Rakhine

Encouragé par les récents progrès en matière de paix et de sécurité en Asie du Sud-est, le Secrétaire général n’a pas manqué de rappeler la situation au Myanmar, Etat membre de l’ASEAN.

M. Guterres a reconnu les efforts de l’organisation régionale pour résoudre la crise humanitaire et des droits de l’homme dans l’État de Rakhine et pour encourager et soutenir la création des conditions nécessaires au retour sûr, volontaire et digne des réfugiés.

« Cela nécessite un investissement massif - non seulement dans la reconstruction et le développement, mais également dans la réconciliation et le respect des droits des personnes », a déclaré le chef de l’ONU, soulignant qu’il importera de garantir la mise en œuvre intégrale des recommandations du rapport de la Commission consultative sur l'État de Rakhine, présidée par Kofi Annan, décédé récemment.

Vendredi, le Secrétaire général se rendra à Palu, pour constater les dégâts du séisme et du tsunami meurtriers qui ont frappé l’ile indonésienne de Sulawesi. Il a réitéré l'engagement total des Nations Unies à soutenir les efforts de sauvetage et de secours menés par le gouvernement indonésien.  

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