Iraq : l’ONU appelle le prochain gouvernement de coalition à lancer des réformes

30 mai 2018

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Iraq a exhorté mercredi les dirigeants politiques iraquiens à dépasser les clivages sectaires et ethniques pour lancer les réformes politiques, économiques et sociales dont le pays a tant besoin, soulignant que la période post-électorale dans laquelle est à présent engagé le pays sera cruciale pour son avenir.

Intervenant devant le Conseil de sécurité, Jan Kubis, qui est également à la tête de la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Iraq (MANUI), est notamment revenu sur la tenue, le 12 mai, des élections parlementaires qui, bien qu’elles se soient déroulées dans le calme, ont été caractérisée par un taux de participation de seulement 44,52%.

« La décision de plus de la moitié des électeurs de ne pas exercer leur droit démocratique envoie un signal fort aux élites qui gouvernement le pays depuis 2003 », a souligné le Représentant qui a exhorté les dirigeants du prochain Gouvernement de coalition à améliorer la représentation et l’octroi de la justice en visant une bonne gouvernance, libre de corruption et de népotisme. Il a aussi appelé à assurer la pleine participation des femmes aux négociations sur la formation de la prochaine coalition.

M. Kubis a aussi indiqué que si de nombreux dirigeants politiques appellent à l’acceptation des résultats, d’autres ont soulevé des préoccupations au sujet de certaines défaillances techniques du système de tabulation des votes électroniques, notamment à Kirkuk et au Kurdistan.

Le représentant de l’Iraq a assuré qu’après la proclamation des résultats définitifs, l’accent sera placé sur la relance socioéconomique dans toutes les provinces et la création d’un climat des affaires attractif avec comme rampes de lancement le Plan stratégique pour la reconstruction, et la Stratégie nationale 2018-2022 de lutte contre la pauvreté, entre autres. Ce dernier a aussi souligné qu’il est dans l’intérêt de l’Iraq de rester en dehors du « cercle » des conflits dans la région, précisant qu’une nouvelle politique étrangère fondée sur la neutralité avait été adoptée. 

Les membres du Conseil de sécurité ont également entendu Vladimir Voronkov, le Secrétaire général adjoint du Bureau des Nations Unies contre le terrorisme, et Michèle Coninsx, la Directrice exécutive de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme (DECT), qui se sont rendu en Iraq en mars dernier pour y constater l’étendue des dommages causés par Daech, dans la ville de Falloujah notamment.

M. Voronkov a insisté sur l’importance cruciale de la vigilance et de la détermination du Gouvernement pour consolider les gains militaires contre Daech. Il a aussi recommandé à l’Iraq d’établir une stratégie nationale globale antiterroriste, reposant notamment sur une formation sur le financement du terrorisme et l’établissement d’un Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent à travers le développement des capacités des jeunes, y compris ceux de Falloujah. Ces initiatives bénéficieront de l’appui technique du Bureau des Nations Unies contre le terrorisme.

De son côté, Mme Coninsx a souligné que l’Iraq doit mener à bien le processus d’adoption de sa législation antiterroriste, en se conformant aux normes internationales pertinentes pour que les auteurs d’actes terroristes puissent être traduits en justice conformément aux droits de l'homme et à l’état de droit.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.