Le chef de l'ONU exhorte les gouvernements à protéger davantage les civils contre la violence lors des conflits

22 mai 2018

Alors que plus de 128 millions de personnes dans le monde ont besoin d'une aide humanitaire immédiate, principalement en raison de la guerre et de la violence, le Secrétaire général des Nations Unies a exhorté la communauté internationale à faire davantage pour protéger les civils pris dans les conflits.

António Guterres a lancé cet appel lors d'une réunion du Conseil de sécurité mardi, au cours de laquelle il a présenté un rapport décrivant trois façons dont les gouvernements peuvent intensifier leur action.

En 2017, l’ONU a recensé plus de 26.000 civils tués ou blessés lors d’attaques dans des conflits dans six pays : Afghanistan, Iraq, République centrafricaine (RCA), République démocratique du Congo (RDC), Somalie et Yémen. 10.000 de ces victimes ont été recensées en Afghanistan. 

Violences sexuelles, déplacements forcés, insécurité alimentaire

Les civils sont également victimes de graves violations des droits de l’homme, y compris de viols et d’autres violences sexuelles au cours des conflits. En RDC par exemple, l’ONU a dénombré plus de 800 cas de violence sexuelle en 2017, soit une augmentation de 56% par rapport à 2016.  Les conséquences de telles attaques perdurent pour le reste de la vie des survivants, a souligné M. Guterres. 

Il a également indiqué que les conflits forcent des millions de gens à fuir leur domicile pour un avenir incertain, et avec un accès limité à l’aide et la protection les plus élémentaires. Fin 2016, on dénombrait 65,6 millions de déplacés du fait de la guerre, de la violence et de la persécution, tandis que de nombreuses personnes sont portées disparues. 

Selon M. Guterres, les conflits sont également une cause majeure d’insécurité alimentaire. Dix des treize crises alimentaires majeures de 2017 étaient causées par des conflits. Au Yémen par exemple, 3 millions de femmes et d’enfants sont sévèrement malnutris et plus de 8 millions de personnes ne savent pas quand elles auront leur prochain repas.

Pas de paix durable sans protection des civils: les trois recommandations de Guterres

Le Secrétaire général a néanmoins noté des lueurs d’espoir, puisque l’on reconnait de plus en plus que le droit international humanitaire et le droit relatif aux droits de l’homme contribuent à atténuer les conflits et à lutter contre le terrorisme.   

Le Secrétaire général a rappelé que, dans son dernier rapport sur la protection des civils, il fait trois recommandations.

Tout d’abord, il invite tous les gouvernements à établir des cadres directifs nationaux pour la protection des civils en temps de conflit. Cette mesure devrait par exemple conditionner les exportations d’armes au respect du droit international humanitaire, dans la droite ligne du Traité sur le commerce des armes. 

La seconde recommandation du Secrétaire général est que les États membres doivent soutenir l’ONU et d’autres acteurs engagés afin que les groupes armés non étatiques adoptent des codes de conduite et des plans d’action de protection des civils.

Ensuite, il appelle les États à appuyer la sensibilisation sur la question de la protection des civils, et à garantir l’obligation de rendre comptes en cas de violations graves des droits de l’homme, pour mettre fin au climat d’impunité.  Cela implique, a-t-il expliqué, des enquêtes nationales crédibles et un soutien au travail de la Cour pénale internationale (CPI).

Enfin, M. Guterres a prié les membres du Conseil de sécurité de ne pas laisser leurs différences politiques saper les actions en faveur des civils, car la protection des civils en temps de conflit s’avère être la seule manière de poser les fondations d’une paix durable.

 

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