Turquie : il faut lever l'état d'urgence pour que des élections crédibles aient lieu (Zeid)

9 mai 2018

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a appelé mercredi le Gouvernement turc à lever immédiatement l'état d'urgence pour permettre à tous ses citoyens de participer à des élections légitimes et crédibles.

« Il est difficile d'imaginer comment des élections crédibles peuvent se dérouler dans un environnement où les opinions dissidentes et les contestations du parti au pouvoir sont pénalisées si sévèrement », a déclaré le Haut-Commissaire.

Zeid Ra’ad Al Hussein a estimé que les restrictions prolongées aux droits de l'homme à la liberté d'expression, de réunion et d'association sont incompatibles avec la conduite d'un processus électoral crédible en Turquie.

Soulignant que ces droits sont particulièrement cruciaux dans le contexte des élections, le Haut-Commissaire a rappelé que le 19 avril dernier, un jour après avoir appelé à des élections législatives et présidentielles anticipées, le gouvernement turc il a annoncé qu'il renouvellerait l'état d'urgence pour la septième fois.

Par un tel renouvellement, le gouvernement suspend ses obligations souscrites en vertu des dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui concernent directement la liberté d'expression, de réunion, d'association et le droit de prendre part à la direction des affaires publiques, a-t-il regretté.

Risque d’incertitude et d’instabilité

Selon le Haut-Commissaire, si les élections étaient tenues dans un environnement où les libertés démocratiques et la primauté du droit sont compromises, cela soulèverait des questions quant à leur légitimité, et entraîneraient plus d'incertitude et d'instabilité.

« Au cours des deux dernières années, l'espace de dissidence en Turquie s'est considérablement réduit, avec au moins 29 journalistes emprisonnés pour des délits terroristes rien que la dernière semaine d'avril », a fait observer le Haut-Commissaire.

Pour Zeid Ra’ad Al Hussein, la présence policière massive et les arrestations lors des manifestations du 1er mai ont montré une fois de plus l'espace strictement limité à la liberté de réunion pacifique dans le pays.

Aussi, le Gouvernement turc doit-il lever immédiatement l'état d'urgence pour permettre à tous ses citoyens de participer pleinement et de manière égale à la gestion des affaires publiques et d'exercer leur droit de vote et d'éligibilité sans restrictions déraisonnables.

 

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