RDC : le PAM élargit ses opérations au Kasaï pour empêcher la famine

16 février 2018

Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) a annoncé vendredi l’intensification de son opération d'urgence en République démocratique du Congo (RDC) pour empêcher la famine dans la région du Kasaï.

Une décision qui intervient dans un contexte d’escalade de la violence, de défis logistiques impressionnants et d’insuffisance de fonds dans cette région congolaise ravagée par le conflit.

La semaine dernière, le PAM a ainsi commencé la distribution d'argent aux populations les plus vulnérables. Une alternative plus économique à l’assistance en nature qui permet aux bénéficiaires de s’approvisionner sur les marchés locaux.

Environ 38.000 personnes ont ainsi reçu l'équivalent de 15 dollars par mois, une somme suffisante pour satisfaire leurs besoins alimentaires de base. L'objectif de l’agence onusienne est d’atteindre plus deux fois plus de personnes dans les prochaines semaines.

Grâce aux récente livraisons depuis la France de produits nutritionnels riches en micronutriments, le PAM a également pu accroître ses interventions nutritionnelles au Kasaï. 56.000 enfants malnutris ont été traités en janvier, contre 21.000 au dernier trimestre de l'année dernière. Cette aide nutritionnelle devrait atteindre 140.000 enfants d’ici le mois de juin.

« Les programmes de nutrition et de transferts monétaires sont vitaux et doivent être rapidement étendus », a déclaré le Représentant du PAM en RDC, Claude Jibidar, dans un communiqué de presse. « Nous ne faisons pas autant que nous le pourrions au Kasaï, parce que les obstacles sont énormes. A moins de relever collectivement ces défis, beaucoup plus de personnes, notamment les femmes et les enfants les plus faibles, mourront », a-t-il prévenu.

Eruption des violences en 2016

Le PAM a lancé son programme d'assistance au Kasaï suite à l'éruption à la mi-2016 de violences politiques et ethniques qui ont coûté la vie à un grand nombre de personnes, rasé des villages entiers et forcé des centaines de milliers de familles à fuir leurs maisons. Selon les évaluations dont dispose l’agence onusienne, 3,2 millions de personnes, soit un quart de la population de la région composée essentiellement d’agriculteurs de subsistance, manquaient cruellement de nourriture.

Sans une présence préalable au Kasaï, le PAM a, entre septembre et décembre l'année dernière, multiplié par dix le nombre de personnes bénéficiaires de rations alimentaires, soit 400.000 individus. Cependant, l’arrivée tardive des donations a occasionné une forte dépendance à l’égard des ressources internes, et une réduction de moitié des rations (céréales, haricots, l'huile végétale et sel) en novembre.

La persistance des contraintes liées au financement, la recrudescence des combats entre les forces pro et anti-gouvernementales et les pluies diluviennes qui ont occasionné une détérioration rapide du réseau routier déjà limité, ont fait chuter le nombre de personnes recevant ces demi-rations à 130.000 en janvier.

« Cette inversion de tendance doit être corrigée, et rapidement », a déclaré M. Jibidar. « Nous avons montré que nous avons la capacité d’exécuter, mais pour atteindre une échelle suffisante, nous avons besoin que les combats cessent et que les bailleurs de fonds se mobilisent ».

 

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