Azerbaïdjan : l'ONU appelle le gouvernement à mettre fin à la répression contre la société civile

8 septembre 2015

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a condamné mardi la répression gouvernementale en cours à l'encontre de la société civile et des voix indépendantes en Azerbaïdjan.

« En dépit de mes appels répétés aux plus hautes autorités de l'Etat, y compris au Président lui-même, une pression excessive, des harcèlements et des intimidations contre les journalistes et les défenseurs et militants des droits de l'homme par les autorités de l'État continuent d'être signalés en Azerbaïdjan », a déploré M. Zeid dans un communiqué de presse.

« Je demande la libération immédiate de tous ceux qui ont été privés de leur liberté pour avoir simplement exercé leurs droits à la liberté d'expression, d'association ou de réunion pacifique ainsi que pour avoir défendu les droits des autres », a-t-il ajouté.

Le 1er septembre 2015, la journaliste et militante des droits humains Khadija Ismayilova avait été condamnée à sept ans et six mois de prison par la Cour des crimes graves de Bakou pour des accusations de détournement de fonds, fraude fiscale, entreprise illégale et abus de pouvoir. Elle a été soumise à une campagne de dénigrement avant son arrestation, le 5 décembre 2014, a également indiqué le Haut-Commissaire.

« Le procès de Mme Ismayilova aurait omis de respecter les normes internationales d'équité, en raison notamment de l'accès limité du public aux audiences, du rejet systématique des requêtes déposées par la défense et du manque de temps octroyé pour consulter ses avocats », a dénoncé M. Zeid.

Selon les rapports dont il dispose, les poursuites dont a fait l'objet Mme Ismayilova aurait pu être liées à ses travaux de journaliste. Reconnu internationalement pour ses reportages, Mme Ismayilova dénonçait depuis plusieurs années les violations des droits de l'homme et la corruption en Azerbaïdjan.

« La condamnation de Mme Ismayilova est le dernier exemple en date de la répression contre les voix indépendantes dans le pays. Les autorités azerbaïdjanaises ont déjà emprisonné un certain nombre d'autres journalistes, défenseurs des droits humains et militants, dont Leyla et Arif Yunus, Intigam Aliyev, Anar Mammadli et Rasul Jafarov, pour des motifs douteux », a poursuivi le Haut-Commissaire.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a par ailleurs indiqué avoir reçu des rapports inquiétants concernant l'état de santé fragile de plusieurs de ces prisonniers.

« Je demande aux autorités azerbaïdjanaises de libérer de toute urgence les prisonniers gravement malades pour des raisons humanitaires », a appelé M. Zeid, exhortant par ailleurs le gouvernement à annuler les récentes mesures visant à limiter le financement des organisations de la société civile dans le pays.

 

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