Australie : L'ONU préoccupée par la possible réouverture de centres de détentions insulaires

Un centre de détention pour demandeurs d'asile en Australie.
Un centre de détention pour demandeurs d'asile en Australie.

Australie : L'ONU préoccupée par la possible réouverture de centres de détentions insulaires

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a exprimé vendredi sa préoccupation face à l'annonce du gouvernement australien de la réouverture des centres de détention pour demandeurs d'asile et migrants au large des côtes de ce pays.

Ces centres destinés à détenir les personnes qui arrivent en Australie par la mer pourraient selon le HCDH constituer une violation des droits de l'homme des demandeurs d'asile et des migrants.

Selon la presse, le Parlement australien aurait voté un amendement jeudi qui permettrait la réouverture des centres de détentions au large des côtes. La Haut-commissaire Navi Pillay a exprimé son inquiétude que ces centres puissent servir à détenir de façon indéterminée les demandeurs d'asile et les migrants, ce qui pourrait mettre en péril leurs droits.

« La Haut-commissaire exhorte le gouvernement australien à revoir ses politiques en matière d'immigration et d'asile et de prendre position contre la diabolisation des migrants et des demandeurs d'asile », a déclaré le porte-parole du HCDH lors d'un point presse à Genève.

« À cause de l'impact considérable de la détention d'immigrants, y compris pour la santé physique et mentale des détenus, le HCDH souligne que cela doit être utilisés seulement si aucune autre solution n'est envisageable et que la détention se justifie uniquement pour des périodes aussi courtes que possible », a ajouté le porte-parole en précisant qu'il n'existe aucune preuve que la pratique de la détention décourage les candidats à l'immigration.

Le HCDH s'inquiète depuis longtemps de la pratique de détention forcée pour les migrants et les demandeurs d'asile. Selon les droits de l'homme et le droit humanitaire international, il n'est pas permit d'enfermer les gens de façon indéterminée.

De son côté, le porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a déclaré que l'amendement de loi australienne soulève un nombre de question lève un nombre de question légales, de protection, politiques et opérationnelles.

« La préférence du HCR reste un arrangement qui permet aux demandeurs d'asile qui arrivent en Australie par bateau de suivre un processus détermination de statut dans le pays. Cela serait consistant avec la pratique générale. Nous ne souhaitons pas que l'Australie retourne vers une procédure de détermination pendant lesquels les demandeurs sont enfermés dans des centres insulaires en attendant une solution durable », a-t-il ajouté.