Côte d'Ivoire : l'Envoyé de l'ONU salue des progrès considérables

Le Représentant spécial de l'ONU en Côte d'Ivoire, Bert Koenders.
Le Représentant spécial de l'ONU en Côte d'Ivoire, Bert Koenders.

Côte d'Ivoire : l'Envoyé de l'ONU salue des progrès considérables

Sans cacher les nombreux défis en matière de sécurité et de réconciliation nationale, le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la Côte d'Ivoire, Albert Gerard Koenders, s'est félicité jeudi des progrès considérables réalisés par le pays vers un retour à la normale depuis la crise qui a suivi l'élection présidentielle de 2010.

« La situation en matière de sécurité se stabilise, les personnes déplacées commencent à rentrer et l'économie montre de nouveau une certaine résilience », a expliqué M. Koenders lors d'une séance du Conseil de sécurité. Il a toutefois estimé que pour se relever totalement, la Côte d'Ivoire aura encore besoin de l'appui du Conseil de sécurité et des autres partenaires internationaux.

Selon lui, les questions de la sécurité nationale ne doivent pas être sous-estimées. Il a jugé crucial que l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) aide le gouvernement à garantir la stabilité. Cela implique la réforme du secteur de sécurité et des organes de maintien de l'ordre, le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR) des anciens combattants, la protection des civils et le retour des réfugiés et des personnes déplacées, la réconciliation nationale et la promotion des droits de l'homme.

« Globalement, la situation est restée relativement calme ces derniers mois en Côte d'Ivoire mais l'insécurité persiste dans l'ouest du pays ainsi que la menace des groupes armés aux frontières », a souligné M. Koenders. Le grand nombre d'armes en circulation dans la capitale économique Abidjan et dans tout le pays a créé une situation qui a contribué à un taux élevé de crimes et d'incidents impliquant des éléments armés. Le gouvernement a pris des mesures et l'ONUCI discute actuellement avec les autorités ivoiriennes de l'appui que la communauté internationale peut apporter, a-t-il ajouté.

Sur le front politique, le Représentant spécial du Secrétaire général a indiqué que les élections législatives du 11 décembre 2011 ont connu un taux de participation de 36%, certes inférieur à l'élection présidentielle de 2010, mais à un niveau similaire des élections législatives de 1990 et de 1995.

L'ONU ne certifiera les résultats qu'après que les institutions nationales ont évalué le processus. Le Conseil constitutionnel, qui examine 110 plaintes, a annoncé sa décision sur les recours introduits par un certain nombre de candidats.

Selon M. Koenders, si les processus électoraux sont importants, il est tout aussi essentiel de se concentrer sur les racines de la crise, dont le problème de l'accès à la terre et un développement déséquilibré entre les régions. La question de l'impunité est également une source de préoccupation, a-t-il estimé.