Bahreïn : l'ONU très préoccupée par la situation des droits de l'homme

Bahreïn : l'ONU très préoccupée par la situation des droits de l'homme

Des manifestants à Bahreïn.
La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a exprimé jeudi son profonde inquiétude sur la détention de centaines d'activistes à Bahreïn, les poursuites judiciaires contre une quarantaine de professionnels de la santé et la condamnation à mort de quatre manifestants par un tribunal militaire à huis-clos.

« Le jugement de civils devant les tribunaux militaires est toujours une cause d'inquiétude. L'application de la peine de mort suite à un procès mené dans le secret est illégal et absolument inacceptable », a déclaré jeudi Navi Pillay dans un communiqué.

« Les accusés ont le droit à un procès équitable devant les tribunaux civils dans le respect des standards du droit international et des obligations en matière de droits de l'homme qui incombent à Bahreïn », a-t-elle ajouté.

Le ministère de la justice a annoncé mercredi que 23 médecins et 24 infirmières du complexe médical de Slamaniya allaient être déférés devant un tribunal militaire, accusés d'avoir participé à des manifestations non autorisées et d'incitation à la haine contre le gouvernement.

La semaine dernière, quatre manifestants ont été condamnés à la peine de mort et deux autres à la prison à perpétuité accusés d'avoir tués deux policiers. Avant leur condamnation, les accusés ont été emprisonnés sans que leur famille puisse être autorisée à les voir. Le droit de visite des avocats des accusés auraient été limités. Certains auraient fait l'objet d'intimidations.

Des centaines de personnes restent encore en détention pour avoir participé aux mouvements de protestations y compris des enseignants, des avocats, des journalistes, des bloggeurs, des médecins, des artistes et des activistes politiques.

Selon le gouvernement, environ 400 personnes seraient en détention. Selon les informations du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), plus de 1.000 personnes seraient emprisonnées. Le gouvernement affirme de son côté avoir relâché 312 personnes après interrogatoire.

« Nous avons reçu des informations particulièrement préoccupantes sur la mort d'au moins quatre personnes en détention. Mon bureau a également reçu des informations sur des actes de torture infligés à des défenseurs des droits de l'homme qui sont actuellement en détention », a déploré la Haut commissaire.

Elle a exhorté les autorités à « immédiatement relâcher tous les prisonniers politiques » et a rappelé que « tous les détenus devaient avoir accès sans délais à des conseils juridiques ».

Navi Pillay a pris note de la décision des autorités de Bahreïn de prolonger l'Etat d'urgence et les a mis en garde que cette mesure ne donnait pas le droit de violer les droits de l'homme.

« J'exhorte le gouvernement à conduire d'urgence une enquête indépendante, impartiale et à traduire en justice les responsables d'attaques et d'assassinats de manifestants », a conclu Navi Pillay.