Côte d'Ivoire : les civils fuient Abidjan, l'ONUCI met en garde le camp Gbagbo

Côte d'Ivoire : les civils fuient Abidjan, l'ONUCI met en garde le camp Gbagbo

Des milliers d'Ivoiriens ont fui le quartier d'Abobo à Abidjan.
Alors que des milliers d'Ivoiriens fuient Abidjan après les attaques à l'arme lourde contre le quartier d'Abobo la semaine dernière, l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) se dit « extrêmement préoccupée par l'utilisation croissante » de telles armes, dont des mitrailleuses, des lance-roquettes et des mortiers, par les Forces spéciales de l'ancien Président Laurent Gbagbo contre les populations civiles à Abidjan.

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), depuis ce week-end, « des milliers d'Ivoiriens affluent dans les principales gares routières d'Abidjan, en espérant monter à bord du premier autocar disponible qui les emmènera loin de la capitale économique ».

« Lundi matin et durant le week-end, les contacts du HCR ont vu des milliers de personnes qui tentaient de quitter la ville depuis les gares routières d'Adjamé et Yopougon, les principaux terminaux d'autocars d'Abidjan », indique l'agence onusienne dans un communiqué, avant de préciser que « de nombreuses familles ont dormi sur place pour être sûres d'obtenir des sièges ».

Le HCR cite également des témoignages recueillis auprès de ces civils, qui disent chercher à quitter Abidjan « à cause de l'appel lancé samedi par le leader des jeunes patriotes Charles Blé Goudé pour que les civils rejoignent les rangs des forces armées loyales au candidat président Laurent Gbagbo ».

« Des milliers de jeunes Ivoiriens auraient répondu à cet appel, que les personnes fuyant Abidjan perçoivent comme un appel à la guerre civile », ajoute le HCR.

L'agence onusienne évalue à « plus de 300.000 personnes » le nombre de personnes déplacées à Abidjan, essentiellement des Ivoiriens qui ont quitté le quartier d'Abobo au nord de la ville, « le théâtre de combats violents depuis plusieurs semaines ». Ce quartier est un fief des partisans du Président Alassane Ouattara. M. Ouattara a remporté le second tour de l'élection présidentielle fin novembre 2010 mais Laurent Gbagbo refuse de reconnaître sa défaite et de quitter le pouvoir.

Dans un communiqué rendu public mardi, l'ONUCI indique qu'elle a récemment « observé que le camp du Président Gbagbo réparait un hélicoptère armé MI 24 à l'aile militaire de l'aéroport d'Abidjan », et qu'il « apprêtait des BM 21 lance-roquettes multiples à Abidjan ».

« L'ONUCI suit attentivement les mouvements de ces armes lourdes qui constituent une grave menace pour les populations civiles », souligne la mission de l'ONU. Elle avertit également « qu'elle ne tolèrera pas les tentatives d'utiliser ces armes » et qu'elle « prendra les actions nécessaires contre elles, conformément à son mandat ».

Parallèlement au renforcement de ses patrouilles et de ses interventions directes quand les populations sont en danger imminent, l'ONUCI indique qu'elle va aussi continuer « d'enquêter sur tous les cas de violations des droits de l'homme », « pour s'assurer que leurs instigateurs et leurs auteurs répondent de leurs actes, en particulier ceux qui ont recours à l'utilisation d'armes lourdes contre les populations civiles, pour de possibles crimes contre l'humanité ».