Libéria : l'ONU encouragée par le lancement du processus électoral

Libéria : l'ONU encouragée par le lancement du processus électoral

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Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, se dit encouragé par le lancement au Libéria du processus d'inscription des électeurs en vue de l'organisation d'élections générales en octobre 2011, dans un rapport publié vendredi.

« Le Libéria a atteint une étape critique avec le lancement du processus électoral. Je suis encouragé de constater que l'inscription des électeurs se déroule de manière pacifique et tiens à féliciter les institutions nationales qui participent à l'organisation de cette opération et en assurent la sécurité, avec l'aide du système des Nations Unies. Le succès des élections dépendra dans une large mesure de leur crédibilité », a déclaré Ban Ki-moon dans ce rapport sur la situation du pays.

« Il importe que la Commission électorale nationale reste objective, transparente et équilibrée, et qu'elle maintienne un certain niveau d'impartialité, tout en respectant le calendrier électoral. En outre, il est d'une importance primordiale que les personnalités politiques assument la responsabilité de leurs paroles et de leurs actes, ce qui contribuera à créer un climat politique propice à des élections crédibles et pacifiques et au transfert harmonieux du pouvoir. Cela témoignerait des progrès remarquables que le pays a accomplis au cours des sept dernières années », a-t-il ajouté.

Dans son rapport, le Chef de l'ONU a recommandé aux autorités nationales de commencer à organiser « rapidement » des campagnes d'instruction civique de grande ampleur à l'intention des électeurs « afin de veiller à ce que tout ceux qui peuvent voter soient pleinement informés de leurs choix ».

« Je suis en particulier encouragé de constater qu'une importance est accordée à la participation des femmes. L'on ne saurait toutefois sous-estimer les problèmes qui se posent sur le plan politique et dans les domaines de la sécurité et de la logistique, et souligner l'importance critique que revêtiront la planification initiale et la coordination », a prévenu le Secrétaire général.

Il a par ailleurs estimé que les secteurs de la sécurité et de la justice continuent de s'améliorer même « s'il reste à accomplir un travail considérable en prévision du transfert à terme des responsabilités en matière de sécurité de la Mission des Nations Unies au Liberia (MINUL) ».

« J'encourage vivement le gouvernement libérien à participer activement à la planification de la transition car, en montrant la voie à suivre, il aidera à mieux définir les mesures qui devront être prises », a souligné Ban Ki-moon qui a également appelé les partenaires internationaux du Libéria à soutenir financièrement cette étape décisive pour l'avenir du pays.

Le Chef de l'ONU a aussi exprimé son inquiétude concernant la lutte contre la corruption qui a été entravée « par des obstacles juridiques ». « Une volonté politique plus ferme est nécessaire pour garantir que les affaires en suspens seront réellement jugées. Je demande donc au gouvernement d'appliquer de manière systématique le principe de la bonne gouvernance et de faire respecter l'état de droit afin qu'il puisse remédier au manque de crédibilité dont il fait l'objet, en raison de l'impunité qui est réservée aux actes de corruption », a-t-il appelé.

Alors que dans son précédent rapport sur le Libéria le Secrétaire général s'inquiétait de l'ampleur de l'extraction illégale de ressources naturelles dans le pays, il estime que « des progrès ont été réalisés sur le contrôle des activités d'extraction et du commerce de diamants » même si la création d'un comité de supervision des minéraux précieux tarde à se mettre en place.

Enfin, Ban Ki-moon a exprimé son inquiétude sur l'évolution de la situation en Côte d'Ivoire et ses conséquences pour le Libéria.

« Je tiens à exprimer ma profonde reconnaissance au gouvernement et au peuple libériens qui ont généreusement accueilli des dizaines de milliers de réfugiés ivoiriens, essentiellement des femmes et des enfants, fuyant les troubles dans leur propre pays. Le fardeau qui pèse sur le Libéria à la suite de cette grave crise humanitaire est considérable », a déclaré Ban Ki-moon.

« Je suis profondément préoccupé par les informations faisant état de la participation de mercenaires libériens dans la crise en Côte d'Ivoire et salue les propos tenus par la Présidente Johnson-Sirleaf, qui a condamné publiquement les nouvelles opérations de recrutement et prié les jeunes Libériens de ne pas s'enrôler », a-t-il conclu.