2010, une grande année pour le multilatéralisme et l'ONU, selon Ban Ki-moon

2010, une grande année pour le multilatéralisme et l'ONU, selon Ban Ki-moon

L’ONU à New York
« 2010 a été une grande année pour le multilatéralisme - une grande année pour l'ONU », a estimé vendredi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, lors de sa conférence de presse de fin d'année. « Notre défi, c'est de poursuivre nos progrès. Les ressources sont plus limitées. Les attentes plus grandes. Cela impose de mettre l'accent sur la prévention et la préparation. »

Devant les journalistes réunis au siège de l'ONU, à New York, le Secrétaire général a passé en revue les actions, les interventions et les succès de l'ONU pendant l'année écoulée.

Revenant d'abord sur le Sommet sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) organisé en septembre à New York, pour remobiliser la communauté internationale sur ces huit objectifs définis en 2000 par les Etats membres, le chef de l'ONU a rappelé l'adoption d'un plan d'action qui doit permettre d'atteindre ces objectifs d'ici à 2015.

« Nous avons mobilisé 40 milliards de dollars pour la nouvelle Stratégie mondiale sur les femmes et la santé des enfants et nous venons de créer une Commission de haut niveau pour nous assurer que les engagements sont suivis et les résultats livrés », a-t-il poursuivi, avant de souligner la création, « après des années d'efforts » de l'ONU-Femmes, dont la direction a été confiée à Michelle Bachelet, l'ancienne Présidente du Chili.

Evoquant ensuite les questions de l'environnement, le chef de l'ONU a rappelé les avancées réalisées en novembre au Sommet de Nagoya, au Japon, sur la protection de la biodiversité, et ce mois-ci à Cancun, au Mexique, sur le réchauffement climatique.

« A Cancun, les gouvernements ont franchi une étape importante dans la construction d'un avenir marqué par un faible taux d'émission de gaz à effet de serre. Ensemble, ils ont convenu d'un ensemble équilibré de mesures d'atténuation des effets du changement climatique, qui officialise les engagements de tous les pays », a-t-il insisté, soulignant aussi les avancées dans les domaines de la protection des forêts et du financement de l'adaptation au changement climatique.

Autre succès de l'ONU cette année selon lui, la tenue de la première Conférence de révision en dix ans du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), pierre angulaire du désarmement et de la non-prolifération.

« Nous avons aussi soutenu les élections très sensibles en Afghanistan et en Iraq. Nous avons renforcé les capacités de l'ONU pour la diplomatie préventive. Nous avons appuyé 34 médiations, facilitations ou pourparlers cette année », a poursuivi Ban Ki-moon, qui a estimé que « le travail acharné des émissaires de l'ONU » avait aidé, par exemple, à atténuer la crise au Kirghizistan ou à poursuivre la transition démocratique en Guinée.

Ban Ki-moon s'est encore félicité des progrès réalisés dans la lutte contre l'impunité, avec le renforcement du rôle et de la position de la Cour pénale internationale (CPI). « Nous avons continué à aider les États membres à entreprendre des enquêtes impartiales sur des questions sensibles, de l'incident de la flottille humanitaire à destination de Gaza, à la Commission Bhutto, en passant par le Tribunal spécial sur le Liban ».

Enfin, il a rappelé les réponses onusiennes aux crises humanitaires majeures qui ont marqué l'année 2010 : les tremblements de terre dévastateurs en Haïti et au Chili, ainsi que les inondations au Pakistan.

Le Secrétaire général a ensuite esquissé les grands défis qui attendent l'ONU l'année prochaine.

En Côte d'Ivoire, l'ONU et sa mission sur le terrain (ONUCI) continueront de suivre l'évolution de la situation de tension, provoquée par le refus du Président sortant Laurent Gbagbo de céder le pouvoir au vainqueur de l'élection présidentielle supervisée par l'ONU, Alassane Ouattara.

A propos du Soudan, Ban Ki-moon s'est dit « profondément préoccupé par les récents affrontements au Darfour ». Il a également rappelé l'organisation du référendum d'autodétermination au Sud-Soudan en janvier prochain, auquel l'ONU apporte son soutien logistique.

« Les Nations Unies restent engagées aux côtés des parties à l'Accord de paix global et soutiennent la tenue du référendum le 9 janvier. Nous allons travailler pour les aider à relever les défis qui naîtront des résultats », a-t-il indiqué.

« Malgré l'absence de négociations directes, nous chercherons à faire avancer le processus de paix au Moyen-Orient, pour réaliser une solution à deux Etats », a poursuivi Ban Ki-moon, avant d'appeler une nouvelle fois les parties « à s'engager de toute urgence sérieusement et sur le fond ».

Il a par ailleurs réitéré la volonté de l'ONU de « continuer à se concentrer sur l'amélioration des conditions de vie dans la bande de Gaza ». « Je le répète : Israël doit s'acquitter de son obligation de geler toute activité de colonisation, y compris à Jérusalem-Est », a-t-il aussi ajouté.

A propos du Myanmar, le Secrétaire général a estimé que la tenue d'élections parlementaires début novembre, ainsi que la libération de l'opposante Daw Aung San Suu Kyi, ont constitué « des faits nouveaux importants ». Tout en regrettant qu'il n'y ait pas eu plus d'avancées dans la transition démocratique, il a appelé le Myanmar « à s'appuyer sur ces progrès ».

« Notre stratégie est celle d'un engagement global à long terme. Nous allons continuer à travailler pour aider le Myanmar à atteindre les objectifs de réconciliation nationale, la transition démocratique et le respect des droits de l'homme », a-t-il encore précisé.

Pour conclure, Ban Ki-moon a passé en revue les autres dossiers dans lesquels l'ONU continuera d'intervenir pour améliorer la situation à plus long terme : « la paix et la sécurité dans la péninsule coréenne, la question nucléaire iranienne, le gouvernement fédéral de transition en Somalie ou encore la réunification de Chypre. »