Haïti se prépare à l'arrivée de l'ouragan Tomas qui menace 500.000 personnes

Haïti se prépare à l'arrivée de l'ouragan Tomas qui menace 500.000 personnes

Une femme est allongée à côté de son fils qui reçoit un traitement contre le choléra en Haïti.
Le gouvernement haïtien, les agences humanitaires et la Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (MINUSTAH) mettent en place un plan d'urgence destiné à faire face à l'ouragan Tomas qui se rapproche de l'île et pourrait affecter jusqu'à un demi-million de personnes.

Depuis 24 heures, les autorités haïtiennes, les agences onusiennes et les organisations non gouvernementales (ONG), qui gèrent déjà la reconstruction du pays après le tremblement de terre de janvier et une épidémie de choléra qui frappe l'île depuis une dizaine de jours, travaillent ensemble pour pré-positionner des stocks d'aide et se préparent à faire face à l'ouragan Tomas.

« Cette tempête ne pouvait pas tomber à un moment plus délicat. Même si nous avons réalisé d'importants préparatifs et stocké de l'aide d'urgence à travers le pays, certains équipements essentiels manquent à cause des récents besoins liés à l'épidémie de choléra en cours », a déclaré le Coordonnateur des opérations humanitaires dans le pays, Nigel Fisher.

« Avec le gouvernement, nous avons commencé à nous préparer avec ce dont nous disposons, en augmentant par exemple les distributions d'aide dans les camps de déplacés et en envoyant des camions vers la côte sud de l'île, mais nous sommes maintenant engagés dans une course pour mobiliser tout ce qui nous manque et dont nous avons besoin », a-t-il ajouté.

En plus de stocks existants, les besoins prioritaires identifiés comprennent 150.000 bâches, 90.000 caisses de savons, 90.000 kits d'hygiène, 200.000 sachets de sels de réhydratation orale pour le traitement du choléra et 200 tentes pour les centres de traitement du choléra. A cela s'ajoute le soutien à la logistique, avec notamment des radios et des mégaphones pour la diffusion continue d'informations sur l'épidémie de choléra et l'évolution de l'ouragan.

« Nous avons besoin d'hébergement d'urgence. Nous avons besoin d'approvisionnement en eau et de matériel d'assainissement. Nous en avons besoin autant que possible, avant que la tempête Tomas frappe l'île », a poursuivi Nigel Fisher. « Avec nos homologues haïtiens, nous lançons un appel aux donateurs, aux organisations de la région et aux partenaires humanitaires, pour qu'ils nous aident à obtenir ce dont nous avons besoin dans les temps ».

Les pénuries de matériel s'expliquent par l'épidémie de choléra qui est apparue il y a une dizaine de jours et qui a obligé les organisations à puiser dans les stocks disponibles. Si des bâches et des tentes sont par ailleurs régulièrement importées en Haïti, elles sont dans la majorité des cas immédiatement distribuées dans les camps de déplacés, où les pluies quasi-quotidiennes rendent les conditions de vie particulièrement délicates et le stockage de denrées presque impossible. Les stocks humanitaires ont également été appauvris par une violente tempête qui a frappé Haïti le 24 septembre.

Dans ce contexte, les stocks de la région sont sollicités depuis le 30 octobre. Des bâches sont notamment arrivées du Panama, tandis que tous les camions tout-terrains contenant assez de carburant pour être autosuffisants pendant sept jours, ont été envoyés sur la côte sud, en prévision de l'arrivée de l'ouragan qui pourrait provoquer la coupure des routes et voies d'approvisionnement essentielles.

À Port-au-Prince, où les Haïtiens vivant dans les camps de déplacés sont extrêmement vulnérables au vent et à la pluie, tous les stocks de bâche, de tente et de corde ont été mobilisés pour renforcer les abris. Des campagnes d'information sont en place pour sensibiliser la population aux risques et les inciter à se préparer.

La Direction de la protection civile, l'organisme gouvernemental responsable de la réponse aux catastrophes, a également commencé à informer les populations du sud de l'île vivants dans des camps ou des zones inondables, en les invitant à trouver refuge chez des proches ayant des maisons sûres.

La préparation à l'ouragan Tomas englobe aussi la gestion de l'épidémie de choléra en cours. Des plans ont été élaborés par les autorités pour continuer la prise en charge des malades pendant et après la tempête, les centres de traitement de l'épidémie n'étant pas destinés à résister à des ouragans. La teneur en chlore dans l'eau distribuée dans les camps et à Port-au-Prince a notamment été augmentée. Des campagnes d'information sont également en cours.

« Cette tempête intervient à un moment où les organisations humanitaires sont déjà utilisées au maximum. Outre la préparation d'une réponse à grande échelle à l'ouragan, nous devons continuer à faire tout notre possible pour aider les gens à travers le pays à se protéger contre le choléra - et bien sûr continuer à répondre aux besoins permanents des survivants du séisme », a encore souligné le Coordonnateur des opérations humanitaires de l'ONU, Nigel Fisher. « Nous avons trois opérations majeures à réaliser simultanément, des défis humanitaires parmi les plus complexes que j'ai vus dans toute ma carrière », a-t-il conclu.

Selon la presse, qui cite le Centre national américain des ouragans, l'ouragan Tomas a été rétrogradé en tempête tropicale dimanche mais devrait se renforcer en poursuivant sa route vers Haïti. Il a déjà provoqué samedi des dégâts matériels et des coupures d'électricité sur les îles de Sainte-Lucie et Saint-Vincent, dans l'archipel des îles du Vent, au sud de la Martinique.