Le crime et le trafic de drogue entravent gravement le développement de l&#39Amérique centrale

Le crime et le trafic de drogue entravent gravement le développement de l&#39Amérique centrale

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La violence et la criminalité, principalement liés au trafic de drogues, sont un fléau pour l&#39Amérique centrale qui représente un grave obstacle au développement économique de la région, souligne un rapport de l&#39Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) publié aujourd&#39hui.

« Les signes qui nous alertent sont évidents dans ce rapport ; crimes à l'arme à feu, violence des gangs, kidnapping et prolifération de compagnies privées de sécurité », a déclaré le Directeur exécutif de l'ONUDC, Antonio Maria Costa dans un communiqué publié à Washington.

« Mais tous ces problèmes ne sont aucunement propres à la région et ils peuvent être surmontés », a-t-il assuré.

Le rapport, intitulé 'Crime et Développement en Amérique centrale : pris entre deux feux', souligne la nécessité d'un soutien international plus important pour la région si l'on souhaite que les efforts de développement aient un impact à long-terme.

« Rien n'affecte plus la stabilité et le développement de l'Amérique centrale que la criminalité », est-il écrit.

Les multiples faiblesses de la région créent des conditions propices au crime, lequel sape la croissance et entrave le développement social.

Même si les pays d'Amérique centrale connaissent des situations individuelles différentes, ils ont tous en commun d'être touchés par la drogue, le crime et le sous-développement.

De nombreux pays sont vulnérables en raison de facteurs socio-économiques qui découlent directement des inégalités de revenus, de l'urbanisation, de la pauvreté de masse, d'une grande proportion de jeunes, d'un accès facile aux armes à feu et d'un environnement instable post-conflit, indique le rapport.

Ils sont aussi exposés en raison de leur situation géographique, pris entre le plus gros producteur de coca du monde, la Colombie, et le plus gros consommateur de cocaïne, les Etats-Unis.

Ce rapport paraît quelques semaines après une publication similaire de l'ONUDC et de la Banque mondiale sur le crime et la violence dans les Caraïbes, qui parvenait à des conclusions similaires (dépêche du 03.05.2007).

Les voies utilisées par les trafiquants sont massivement situées en Amérique centrale. Quatre-vingt huit pour cent de la cocaïne destinée aux Etats-Unis transite par les pays de la région et par le Mexique.

L'Amérique du Sud produit quelques 900 tonnes de cocaïne chaque année, d'une valeur de 60 milliards de dollars en 2003.

« Là où le crime et la corruption règnent et où l'argent de la drogue empoisonne l'économie, l'Etat n'a plus le monopole de l'usage de la force et les citoyens ne font plus confiance à leurs dirigeants et à leurs institutions », a souligné Antonio Maria Costa.

« Du coup, le contrat social est en lambeaux et les gens font leur propre loi », a-t-il ajouté.

De hauts niveaux de criminalité portent un immense préjudice à l'économie d'un pays. Au Salvador, par exemple, le coût national de la violence atteint 11,5% du Produit Intérieur Brut (PIB). Le tourisme, qui est une source de revenus essentielle pour plusieurs pays de la région, est particulièrement vulnérable face à cette violence.

Le rapport souligne par ailleurs que les pays d'Amérique centrale figurent parmi les pays où les inégalités sont les plus importantes du monde, avec parfois des taux d'études secondaires en-dessous de 50%. Une population massivement jeune et oisive porte les germes d'une délinquance d'ampleur, rappelle le rapport.

De plus, des décennies de conflits en Amérique centrale ont conduit à une diffusion facile et à grande échelle des armes à feu, comme l'existence de gangs au Salvador, au Guatemala et au Honduras en témoigne, ainsi que des taux d'homicide parmi les plus hauts du monde.

Antonio Maria Costa exhorte donc « tous les pays de la région, ainsi que toutes les parties impliquées dans sa stabilité et sa prospérité à s'entendre sur un cadre stratégique et opérationnel visant à casser les liens entre la drogue, le crime et le sous-développement ».

« De nombreux problèmes de la région peuvent être résolus uniquement de l'extérieur, en particulier en réduisant la fourniture et la demande en drogue ; d'autres appellent des décisions fortes de la part des dirigeants nationaux mais la coopération est vitale car les problèmes sont trop importants, trop liés et trop dangereux pour être laissés individuellement à chaque Etat », a-t-il plaidé.

« L'une des priorités pour les pays de la région doit être de renforcer leurs systèmes judiciaires afin d'en éradiquer la corruption et de rétablir la confiance publique en l'Etat de droit », a-t-il souligné. Dans ce domaine, une assistance technique internationale peut aider.

En outre, il est essentiel de s'attaquer aux racines du problème par un développement socio-économique à long-terme.

« Nous avons une responsabilité et un intérêt communs à aider les pays d'Amérique centrale », a conclu le Directeur exécutif de l'ONUDC.