Jan Egeland appelle à la &#39dépolitisation&#39 de la responsabilité de protéger

4 décembre 2006

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Jan Egeland, a exhorté aujourd&#39hui le Conseil de sécurité à appliquer la « responsabilité de protéger » de manière dépolitisée, alors que l&#39on assiste à une recrudescence des attaques délibérées contre les populations civiles.

« Nous sommes encore loin de voir la responsabilité de protéger transposée dans des mesures prévisibles et adéquates permettant d'assurer la protection de toutes les communautés touchées, en tous temps, lieux et circonstances », a déclaré Jan Egeland, qui présentait au Conseil de sécurité son dernier exposé en tant que Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires sur la question de la protection des civils dans les conflits armés.

« Votre responsabilité de protéger doit être dépolitisée, devenir un véritable intérêt partagé et conduire à l'adoption de mesures véritablement conjointes de la part de tous les membres de ce Conseil et de notre Organisation mondiale », a-t-il affirmé.

« En dépit de progrès au Libéria, en Sierra Leone, en République démocratique du Congo ou dans le Sud-Soudan, il reste beaucoup à faire pour venir en aide à des dizaines de millions de personnes ailleurs dans le monde, que ce soit au Darfour ou à Gaza. Cette responsabilité doit se placer au-dessus des intérêts particuliers et devenir une norme universelle », a-t-il souligné.

Jan Egeland a rappelé que « si le nombre de conflits armés a diminué de 40% depuis 1989, la violence perpétrée contre les non-combattants a augmenté de 55% entre 1989 et 2005, la hausse la plus importante ayant été constatée ces cinq dernières années ».

« Les parties au conflit montrent un mépris croissant pour les principes fondamentaux du droit international, comme en témoignent la multiplication des attentats terroristes en Iraq ou en Israël. En outre, le recours aveugle à certaines armes, notamment les bombes à fragmentation au Liban Sud, est immoral », a-t-il souligné, rappelant que ces bombes, comme les mines terrestres, continuent de tuer des civils après la fin des conflits.

Evoquant ses préoccupations majeures concernant la protection des civils, Jan Egeland a rappelé que 10 millions de personnes dans une vingtaine de pays sont privées d'accès à aide humanitaire d'urgence.

Par ailleurs, alors que le nombre de réfugiés dans le monde a chuté de 20% au cours des trois dernières années, celui des personnes déplacées n'a diminué, lui, que de 6% l'an dernier.

Si les États sont tenus directement d'assumer la responsabilité de protéger les civils, y compris les personnes déplacées de l'intérieur, dans au moins 12 pays, 6 millions d'entre elles n'ont reçu aucune assistance ou protection de la part de leurs gouvernements, a-t-il aussi déploré.

Troisième préoccupation soulevée par le Coordonnateur des secours d'urgence des Nations Unies : la violence sexuelle, de plus en plus souvent utilisée comme une arme de guerre par les parties au conflit.

Jan Egeland s'est déclaré indigné par l'incapacité de la communauté internationale à agir contre ce fléau, notamment au Darfour (dépêche du 1.12.06).

Concernant la protection des enfants dans les conflits armés, il a ajouté que ces trois dernières années on avait assisté à des progrès modestes. Sur les 250 000 enfants exploités à diverses fins, en particulier comme combattants ou comme esclaves sexuels, le nombre d'abus dont ils sont victimes a aujourd'hui diminué de 20%.

Jan Egeland a enfin insisté sur le maintien de l'attention sur les pays émergeant de conflits tels que l'Angola, le Burundi, la Sierra Leone, le Liberia et le sud du Soudan, où les problèmes de sécurité demeurent sérieux même si l'aide d'urgence n'est plus une pressante priorité.

Il a notamment pressé le Conseil de sécurité sur les besoins en matière de financement, notamment en ce qui concerne la consolidation de la paix et les efforts de médiation. Il a enfin estimé nécessaire que les opérations de maintien de la paix reçoivent une impulsion suffisante au niveau de leur direction et de leur gestion ainsi que le soutien nécessaire.

Voir l'ensemble des interventions au Conseil de sécurité dans le communiqué de l'ONU.

 

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