Devant le Conseil de sécurité, le représentant du Liban propose un cadre politique pour régler la crise

31 juillet 2006

Lors d'une séance publique du Conseil de sécurité en présence du représentant israélien, le représentant du Liban est venu proposer un cadre politique destiné à régler la crise une fois qu'un cessez-le-feu sera intervenu entre le Hezbollah et Israël, demandant aussi une enquête sur le bombardement de Cana.

« Tout en appréciant les efforts qui ont conduit à la déclaration du Conseil de sécurité d'hier [sur le bombardement de Cana], je suis venu réitérer avec force l'appel du gouvernement libanais à un cessez-le-feu immédiat », a dit Tarek Mitri, le ministre de la Culture du Liban, lors d'une séance du Conseil consacrée à la situation au Moyen-Orient.

imageRetransmission de la séance du Conseil de sécurité[34mins]

« Je suis aussi venu demander une enquête internationale concernant les 'crimes de Cana' », a-t-il ajouté, espérant que « le Conseil de sécurité ne détournerait pas les yeux ».

« Le retour au statu quo ante serait futile » et « c'est pourquoi je vous demande à tous de nous aider à mettre fin à cette tragédie », a-t-il dit, avant de présenter devant le Conseil de sécurité un plan approuvé par le Conseil des ministres libanais.

Ce plan prévoit « un cessez-le-feu immédiat »et une « déclaration d'accord » sur les points suivants : « la libération des prisonniers et détenus libanais et israéliens sous la supervision de la Croix-Rouge, le retrait de l'armée israélienne derrière la Ligne bleue et le retour des personnes déplacées à leurs villages ».

Le gouvernement libanais a aussi demandé « un engagement du Conseil de sécurité de placer les Fermes de Chebaa et les Colinnes de Kfarchouba sous la juridiction de l'ONU jusqu'à ce que la délimitation du territoire soit achevée, avec un accès aux propriétaires terriens libanais sur ce territoire ».

Il s'est engagé à mener « l'extension des forces légitimes du gouvernement libanais sur tout son territoire ainsi que le prévoient les Accords de Taëf » qui avaient mis fin à la guerre civile libanaise.

Il a enfin demandé « le renforcement de la Force internationale au Sud-Liban afin d'entreprendre des mesures humanitaires et garantir la sécurité » et un engagement de la communauté internationale pour la reconstruction du pays.

« Ne laissez pas le Liban servir de champ de bataille pour des tiers », a-t-il conclu.

Pour sa part, le représentant d'Israël, Dan Gillerman, a souligné que son pays n'avait pas de querelle avec le Liban, avant de rappeler les événements qui avaient déclenché son opération.

« Pourquoi Israël est-il au Liban aujourd'hui ? Pour répondre à un acte de guerre, à l'enlèvement de ses soldats et au bombardement de ses villes par des roquettes, qui ne représentent qu'une fraction de l'arsenal » du Hezbollah, a dit le représentant israélien.

Le Liban a été renversé par des « tyrans, au Nord, c'est à dire par la Syrie, qui considère encore le Liban comme son territoire, qui refuse de délimiter sa frontière et d'ouvrir des ambassades réciproques ». Il a été « pris en otage par des terroristes de la pire espèce, par l'OLP dans les années 80 et par le Hezbollah dans les années 90 », a-t-il affirmé.

Dan Gillerman s'est aussi interrogé demandé pourquoi l'armée libanaise n'agissait pour désarmer le Hezbollah.

« Je pense qu'aucun enfant ne naît avec le désir de devenir un combattant suicide, ni qu'aucune mère ne souhaite que son enfant le devienne », a-t-il conclu, estimant que les enseignements du Hezbollah entretenaient la violence et la haine.

Il a enfin rappelé que le territoire des Fermes de Chebaa, aux termes des résolutions du Conseil de sécurité, n'appartenaient pas au Liban mais à la Syrie et que l'ONU avait certifié le départ d'Israël du territoire libanais en 2000.

 

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