Timor-Leste : l'enquête des Nations Unies sur les récents événements sera cruciale, affirme Ian Martin

13 juin 2006

L'Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Timor-Leste, Ian Martin, a souligné à New York l'importance d'une enquête impartiale demandée par le gouvernement timorais sur les violences qui ont provoqué une crise dans le pays fin mai, que le Secrétaire général a confiée aujourd'hui au Haut Commissariat aux droits de l'homme des Nations Unies.

Devant le Conseil de sécurité réuni pour une séance publique sur la situation au Timor-Leste, puis lors d'une conférence de presse, l' Envoyé spécial du Secrétaire général a expliqué aujourd'hui les attentes du gouvernement timorais concernant le rôle des Nations Unies dans le pays dans le futur.

« Il faut d'urgence établir une enquête indépendante sur les récents événements qui ont conduit à des pertes en vie humaine. Le gouvernement timorais a écrit au Secrétaire général pour lui demander que les Nations Unies établissent une commission d'enquête qui sera importante à la fois sur le plan politique et dans le domaine des droits de l'homme », a déclaré Ian Martin, lors d'une conférence de presse donnée aujourd'hui à New York.

image? Retransmission de la conférence de presse [36mins]

Le Secrétaire général a annoncé aujourd'hui au Conseil de sécurité qu'il avait demandé à la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), Louise Arbour, de prendre la direction d'une telle Commission d'enquête spéciale avec pour mandat d'enquêter sur « les incidents du 28 et 29 avril, et des 23, 24 et 25 mai ainsi que sur les questions qui ont contribué à la crise » (dépêche du 13.06.06)

Ian Martin a par ailleurs affirmé qu'il existait un large consensus pour que les Nations unies jouent un rôle-clé « pour assurer que les élections parlementaires et présidentielles prévues l'année prochaine soient libres et impartiales ».

Le gouvernement timorais souhaite également une assistance des Nations Unies aux forces de police timoraises sur le long terme. « L'assistance est pour l'instant assurée par les Portugais et les Australiens, peut-être par la Nouvelle-Zélande et la Malaisie dans le futur. Mais le gouvernement timorais souhaite que cette assistance relève de la responsabilité des Nations Unies. Le président Gusmao et le Premier ministre Alkatiri a écrit au Secrétaire général pour lui demander une mission de maintien de l'ordre des Nations Unies », a rappelé Ian Martin.

Dernière attente, les leaders politiques timorais voient aussi la nécessité de renforcer les institutions timoraises et le processus de réconciliation nationale avec l'aide de la communauté internationale.

Ian Martin avait été dépêché au Timor-Leste le 31 mai denier pour évaluer la situation et aider les parties en conflit à régler leur différend.

Le Timor oriental a sombré dans le chaos après la décision en avril du Premier ministre Mari Alkatiri de licencier 600 soldats à la suite de protestations contre des discriminations ethniques à leur égard.

Ce conflit s'est depuis transformé en violences urbaines marquées par des affrontements entre bandes rivales, des pillages et des incendies volontaires. Le mois dernier, 21 personnes ont été tuées au cours de ces violences. Près de 100.000 personnes ont fui la capitale pour se réfugier dans des camps de l'ONU.

 

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