Conseil de sécurité : l'Ouganda fait un bilan de la lutte contre l'Armée de résistance du Seigneur

19 avril 2006

Réuni pour la première fois sur un ordre du jour consacré directement à l'Ouganda, le Conseil de sécurité a entendu aujourd'hui un exposé des ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l'Ouganda sur la lutte contre l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) qui sévit depuis 20 ans dans le nord du pays.

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l'Ouganda ont décrit aux membres du Conseil de sécurité les initiatives prises par leur gouvernement pour contrer l'impact humanitaire et sécuritaire des activités de la LRA (ou Lord's Resistance Army en anglais) qui sévit depuis 20 ans dans le nord de l'Ouganda, causant le déplacement forcée de près de deux millions de personnes.

image• Retransmission de la séance du Conseil de sécurité[34mins]

Connu pour ses activités sanguinaires dans le nord du pays, notamment l'enlèvement de plus de 10.000 enfants en vue d'en faire des soldats, ce groupe armé a été qualifié d' « organisation terroriste » par les ministres ougandais.

Sam Kutesa, ministre des Affaires étrangères, a rendu compte des activités du Mécanisme conjoint de coordination et de surveillance de haut niveau entre le gouvernement de l'Ouganda, les Nations Unies et les principaux partenaires pour notamment appuyer le plan d'action du gouvernement relatif à la réinstallation des personnes déplacées dans le nord du pays.

Le Ministre a aussi fait part d'un plan d'urgence pour l'intervention humanitaire dans les régions où sévit la LRA que le président de l'Ouganda doit lancer le 26 avril prochain à Kampala.

Son homologue de la défense, Amama Mbabazi, a présenté au Conseil de sécurité les résultats de l'« Opération Iron Fist », lancée en 2002, qui a contraint les membres restants de la LRA à se replier en République démocratique du Congo (RDC) et dans le Sud-Soudan.

« Depuis le lancement de l'« Operation Iron Fist », les Forces de défense ougandaises ont maintenu leur pression et affaibli les forces de la LRA qui sont passées de 3.000 à un chiffre estimé entre 120 et 125 hommes armés en RDC qui opèrent sous la direction de Joseph Kony et de Vincent Otti », a déclaré Amama Mbabazi.

« Certains sont encore en Ouganda dans la région d'Acholi. Il est de notoriété publique que la LRA opère désormais dans le parc national de la Garamba en RDC et à Loka, en collaboration avec les milices Zende du Sud-Soudan. L'Ouganda est donc, à juste titre, préoccupé par le fait que la LRA reconstitue ses forces dans le parc », a-t-il ajouté.

La Mission de l'Organisation des Nations Unies en RDC (MONUC) n'a pas pris les mesures requises pour contrer la LRA dans le parc national de la Garamba, a regretté le Ministre.

Amama Mbabazi a proposé en conséquence la signature d'un Mémorandum d'accord entre son pays et la RDC qui, à l'instar de l'accord signé avec le Soudan, autoriserait à ses Forces de poursuivre les membres de la LRA sur le territoire congolais.

Le ministre a aussi regretté que la MONUC, qui s'était initialement engagée à transférer les membres de la LRA capturés en RDC vers l'Ouganda, ait réduit ses activités à cet égard depuis la mort de ses huit soldats guatémaltèques en janvier 2006, attaqués la LRA (dépêche du 23.01.06).

Le Conseil de sécurité avait condamné « avec la plus grande fermeté » le meurtre des huit casques bleus.

Par sa résolution 1653 (2006), le Conseil de sécurité avait appelé les groupes armés qui opèrent dans la région des Grands Lacs, et notamment la LRA, à « déposer les armes et à procéder volontairement, et sans délai ni condition, à leurs désarmement, rapatriement et réinstallation ».

Pour le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), la crise humanitaire qui sévit en Ouganda du fait des exactions des groupes armés est « la crise humanitaire la plus durable, la plus importante et qui attire le moins d'attention dans le monde aujourd'hui » (dépêche du 21.11.05).

 

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