Conseil de sécurité : la Bosnie-Herzégovine appelée à prendre la direction de ses affaires politiques

18 avril 2006

Le temps est venu de remettre les rennes aux mains des dirigeants de la Bosnie-Herzégovine, a estimé aujourd'hui le Haut Représentant et Représentant de l'Union européenne lors d'un exposé au Conseil de sécurité.

« La Bosnie-Herzégovine traverse une période cruciale de son histoire qui est marquée par la fin de la phase de reconstruction post-conflit », a déclaré aujourd'hui Christian Schwartz-Schilling devant le Conseil de sécurité réuni en présence du président du Conseil des ministres de la Bosnie-Herzégovine, Adnan Terzic.

image• Retransmission de la séance du Conseil de sécurité[1h40mins]

« Mon rôle, a-t-il précisé, est de la compléter et de faciliter les progrès vers l'intégration aux structures euro-atlantiques ».

Le Haut Représentant a notamment cité « la fermeture du Bureau du Haut Représentant et l'établissement d'un Bureau du Représentant spécial de l'Union européenne ». « La fermeture du Bureau du Haut Représentant signifie également la fin des pouvoirs exécutifs conférés par le processus de Bonn. Je souhaite que cette transition prenne fin au cours du premier ou second trimestre de 2007. », a-t-il précisé.

Le Haut Représentant a toutefois dressé la liste des conditions préalables à un processus de transition réussi. Tout d'abord, « permettre au pays de prendre des décisions ». En d'autres termes, « l'appropriation de ce processus par la Bosnie-Herzégovine qui doit assumer pleinement ses responsabilités que lui confère son statut d'État européen démocratique ».

« Le temps est venu », a-t-il estimé, « de remettre les rennes aux mains de la population bosniaques et de ses représentants élus ».

Le Haut Représentant a identifié trois priorités pour la Bosnie-Herzégovine: les réformes constitutionnelles, les élections générales en octobre prochain et les négociations en cours entre les autorités bosniaques et l'Union européenne pour parvenir à un accord d'association et de stabilisation.

Christian Schwartz-Schilling a aussi estimé urgent de créer des conditions favorables au développement économique. « On ne peut pas encourager le développement économique d'une part et de l'autre imposer des régimes de visas restrictifs », a-t-il ajouté, souhaitant que l'Union européenne facilite l'octroi de visas aux ressortissants de la Bosnie-Herzégovine.

Mais le Haut Représentant a regretté que les autorités de Bosnie-Herzégovine n'aient pas été en mesure de régler la question d'une pleine coopération avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), afin de s'assurer que les criminels toujours en fuite soient remis aux autorités de La Haye.

Tout en reconnaissant les progrès observés en 2005, il a déclaré inacceptable l'absence de tout progrès en ce domaine au cours de cette année, exhortant la communauté internationale à se montrer « très ferme » sur la question.

« La Bosnie-Herzégovine et d'autres pays de la région ne parviendront pas à l'intégration euro-atlantique tant que cette question du TPIY ne sera pas réglée », a-t-il ajouté.

 

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