PNUD : Quatre ans après l'indépendance, le Timor-Leste reste un des pays les moins avancés

9 mars 2006

Quatre ans après son accession à l'indépendance, le Timor-Leste reste un des pays les plus pauvres du monde, indique aujourd'hui l'agence des Nations Unies pour le développement, pour qui l'espoir du pays réside dans l'affectation au développement rural des revenus tirés de ses réserves en pétrole et en gaz naturel.

« L'Etat Membre le plus jeune des Nations Unies se classe en bas de tous les pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) sur le plan du développement humain, affirme le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) dans un communiqué publié aujourd'hui à Dili, capitale du Timor-Leste.

Le « rapport national sur le développement humain 2006 », préparé conjointement par le PNUD et le gouvernement timorais, révèle que la moitié de la population n'a pas accès à l'eau potable.

« Soixante nourrissons sur 1000 naissances viables meurent avant d'avoir atteint leur premier anniversaire. Et l'espérance de vie, évaluée à 55,5 ans en 2004, n'a pas évolué », explique le rapport.

Alors que les Nations Unies se retirent graduellement du Timor Leste et que l'aide internationale s'affaiblit dans la région, le rapport, intitulé « The Path out of Poverty : Integrated Rural Development » [Une voie pour sortir de la pauvreté, le développement rural intégré], conclut que « même si le pays est libre politiquement, ses habitants sont toujours victimes de la pauvreté ».

Malgré cette conjoncture inquiétante, le premier des huit Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), 'réduire la pauvreté d'un tiers d'ici à 2015' demeure encore réalisable, affirme le PNUD.

Pour atteindre cet objectif, « l'économie du pays doit impérativement enregistrer une croissance de 5 à 7%, selon la proportion de la croissance qui bénéficiera aux pauvres en milieu rural », explique le rapport.

« Même s'il s'agit d'un objectif ambitieux, dans un pays où le revenu annuel par habitant, en baisse, est de 370 dollars, la solution se trouve peut-être au large des côtes dans le développement des ressources pétrolifères et gazières ».

« Compte tenu des revenus potentiels du pétrole et du gaz, l'objectif de réduction de la pauvreté est réalisable tant du point de vue technique que financier », affirme l'agence des Nations Unies.

Le rapport souligne également qu'étant donné que 80% des foyers au Timor-Leste vivent de l'agriculture, les revenus des ressources en pétrole et en gaz ne pourront effectivement réduire la pauvreté que s'ils sont affectés directement au développement rural ainsi qu'à l'éducation, au système de soins de santé et à la formation professionnelle, qui permettront aux citoyens d'acquérir une certaine autonomie dans le développement de leur pays.

La croissance devra être fondée en premier lieu sur l'agriculture, qui emploie près de trois quarts de la main d'œuvre au Timor-Leste.

Le rapport émet des recommandations pour aider les pauvres à se sortir eux-même de la pauvreté telles qu'un accès plus aisé au crédit pour les fermiers en créant une banque de développement rural, une réforme agraire pour éviter de continuer à dégrader les terres déjà surexploitées, et le rapprochement de communautés dispersées pour permettre aux services publics d'être dispensés plus efficacement.

 

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