HCR : inquiétude face à la hausse du nombre de Burundais franchissant la frontière tanzanienne

14 février 2006

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés s'est s'inquiétée aujourd'hui de l'augmentation, depuis quelques semaines, du nombre de Burundais qui franchissent la frontière avec la Tanzanie pour fuir la pénurie alimentaire et l'insécurité dans leur pays.

« Plus de 4.000 demandeurs d'asile se trouvent actuellement dans trois centres d'accueil dans le district de Kibondo, au nord-ouest de la Tanzanie. Environ 3.500 Burundais ont traversé la frontière depuis le début de l'année et leur nombre ne cesse d'augmenter, avec une moyenne de 100 arrivées par jour », a affirmé aujourd'hui Jennifer Pagonis, porte-parole du Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR), lors de son point avec la presse au Palais des Nations Unies à Genève.

« Pendant la seule journée de lundi, plus de 500 nouvelles personnes ont été enregistrées dans différents centres d'accueil situés le long de la frontière, la plupart d'entre eux à Nyakimonomono, où plus de 2.500 personnes vivent actuellement », a précisé la porte-parole du HCR.

« Les conditions de vie à Nyakimonomono et dans les autres centres d'accueil ne sont pas satisfaisantes. Ces centres sont conçus pour accueillir, pendant une courte période, les personnes qui viennent de franchir la frontière – pas plus que quelques jours dans la plupart des cas », a expliqué Jennifer Pagonis.

« Nous avons fait ce que nous avons pu afin d'améliorer les conditions dans ces centres : l'approvisionnement en eau a été amélioré, les terres asséchées autour des douches et des zones d'approvisionnement en eau, des nouveaux trous pour les ordures ont été creusés et des cuisines supplémentaires construites », a indiqué la porte-parole.

« Néanmoins, les risques sanitaires liés à l'accueil de tant de personnes restent importants, alors que ces endroits sont conçus pour un petit nombre. Nous avons engagé des négociations avec les autorités tanzaniennes afin de transférer les personnes ayant obtenu l'asile de la frontière vers des camps déjà établis », s'est-elle inquiétée.

La majorité des nouveaux arrivants sont originaires de la province de Ruyigi, dans l'est du Burundi.

Une pénurie alimentaire et l'insécurité croissante sont les deux raisons principales pour lesquelles les Burundais disent quitter leur pays. « Il y a des cas visibles de malnutrition parmi les nouveaux arrivants. La semaine passée, un enfant est mort de malnutrition et trois enfants sont décédés en janvier d'une infection respiratoire sévère », a rapporté la porte-parole.

Le HCR aide environ 350.000 réfugiés en Tanzanie, dont 195.000 sont Burundais.

 

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