Côte d'Ivoire : reprise des opérations humanitaires dans la région de Guiglo

10 février 2006

Après avoir été dans l'obligation d'interrompre, pendant 15 jours, leurs activités en Côte d'Ivoire, les agences humanitaires des Nations Unies et les organisations non gouvernementales ont décidé, cette semaine, de reprendre leurs opérations pour acheminer une aide d'urgence aux populations les plus vulnérables de la région de Guiglo, dans l'Ouest du pays.

En dépit de tous les obstacles que rencontrent les organisations humanitaires, la FAO, l'UNICEF, le PAM, le HCR, Save the Children, ASA, Caritas, Solidarités, GTZ et OIM, ont décidé de reprendre, cette semaine, l'aide humanitaire d'urgence dont dépendent plusieurs milliers de personnes en Côte d'Ivoire, essentiellement dans la région de Guiglo, indique un communiqué du Bureau de la coordination humanitaire des Nations Unies (OCHA) publié hier à Abidjan et à New York.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a livré, cette semaine, 288 tonnes de vivres couvrant, pour le mois de février, les besoins alimentaires des personnes les plus vulnérables de la région de Guiglo - des enfants souffrant de malnutrition, des personnes affectées par le VIH/sida, 13.000 personnes déplacées résidant dans les deux grands sites d'accueil de la ville.

Ce premier « Plan de Livraison Alimentaire d'Urgence » a été possible grâce à une collaboration entre le PAM et ses partenaires - l'OIM, Caritas, MSF-France et la Croix-Rouge de Daloa, précise le communiqué.

La sécurisation des convois et des vivres a bénéficié du concours du gouverneur militaire de Duékoué, le colonel Guié Globo, et du préfet du département de Guiglo, le colonel Danon Djédjé.

L'aide humanitaire avait été interrompue en Côte d'Ivoire, le 24 janvier dernier, après de violentes manifestations dirigées contre les bâtiments et les bases des Nations Unies à Abidjan et dans plusieurs villes du pays.

Appelés à descendre dans la rue par les radios locales, des pillards avaient notamment saccagés et incendiés les bureaux et entrepôts des agences humanitaires de la ville de Guiglo les 17, 18 et 19 janvier dernier (voir notre dépêche du 24 janvier 2006).

Le Comité des sanctions du Conseil de sécurité sur la Côte d'Ivoire a décidé, le 7 février dernier, de prendre des sanctions individuelles - interdiction de voyager et gel des avoirs - contre trois responsables ivoiriens accusés de menacer le processus de paix dans le pays.

Deux d'entre eux - Charles Blé Goudé, dirigeant du mouvement des « Jeunes patriotes », partisans du président Gbagbo, et Eugène Djué, l'un des chefs des « Jeunes patriotes » - sont notamment accusés d'avoir joué un rôle dans les attaques dirigées contre l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) au mois de janvier (voir notre dépêche du 7 février 2006).

 

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