La « croissance record » en Afrique n'a pas suffit à atténuer la pauvreté, selon un rapport de l'ONU

19 décembre 2005

La Commission économique pour l'Afrique (CEA) a rendu public aujourd'hui, à Addis-Abeba, son rapport économique sur l'Afrique, dans lequel elle estime que malgré une croissance économique record, la pauvreté s'aggrave sur le continent notamment en raison du chômage endémique.

Intitulé « Relever le défi posé par le chômage et la pauvreté en Afrique », le Rapport économique sur l'Afrique (REA 2005), la publication annuelle phare de la CEA, analyse les conséquences du cumul d'une performance économique inadéquate avec un taux de chômage élevé, indique un communiqué de la Commission économique pour l'Afrique (CEA)

« Malgré des signes de changement rapide, avec une croissance record de 5.4 % en 2005, l'économie africaine est affaiblie par un taux de chômage record et un niveau de pauvreté qui s'accroît davantage que par le passé. Ceci implique que la pauvreté n'a donc pas réagi à la croissance économique », indique la CEA.

« Aussi longtemps que les populations ne pourront participer à l'économie en tant qu'agents productifs, elles continueront à bénéficier peu de la croissance, quelle qu'elle soit », a déclaré Augustin Fosu, directeur de la Division politique économique et sociale de la CEA, qui a préparé le rapport.

Et le taux record de croissance n'est toujours pas suffisant. Pour pouvoir réduire le niveau de pauvreté de manière significative, ce taux doit encore être supérieur à 7% par an en moyenne, a-t-il ajouté.

« L'instabilité de la croissance a amplifié la vulnérabilité des pauvres », a insisté Augustin Fosu. « Seuls quelques pays africains ont connu une croissance soutenue durant des années bien que beaucoup aient entrepris des réformes et soient dans la bonne voie », a-t-il précisé.

Le rapport met en lumière quatre défis majeurs que doit relever l'Afrique pour lutter contre le chômage et la pauvreté : assurer une transformation structurelle de façon à mettre fin à la sous-utilisation de la main d'œuvre rurale, remédier au chômage généralisé des jeunes, maîtriser la mondialisation pour générer des emplois décents et créer un environnement favorable à l'emploi dans le secteur privé grâce à une augmentation des investissements.

Le rapport met l'accent sur le fait que c'est aux gouvernements de transformer les économies africaines, particulièrement en saisissant les opportunités offertes par la mondialisation. Il indique que la clé pour entreprendre ce virage est notamment le leadership politique et la priorité à accorder à la création d'emplois dans les programmes nationaux de développement.

« Cependant, avec le peu de données existantes pour défendre la cause, les décideurs manquent de preuves pour soutenir l'urgence de placer l'emploi au centre des stratégies de réduction de la pauvreté et des politiques de développement », conclut le rapport.

 

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