Rapport Mehlis : les efforts pour obtenir la coopération de la Syrie commencent à porter leurs fruits, commente Kofi Annan

12 décembre 2005

Dans une lettre accompagnant le rapport Mehlis, transmis aujourd'hui au Conseil de sécurité, le Secrétaire général a relevé que les efforts de la Commission d'enquête pour obtenir la coopération des autorités syriennes ne commençaient à porter leurs fruits que depuis récemment.

"Le rapport détaille les progrès réalisés dans l'enquête", indique le Secrétaire général, dans une lettre accompagnant le document du magistrat allemand Detlev Mehlis, qui dirige les travaux de la Commission sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, a annoncé aujourd'hui à New York Stéphanne Dujarric, son porte-parole.

"Le rapport explique en détail les progrès substantiels sur un certain nombre de points de l'enquête et démontre un partenariat croissant ente les autorités libanaises et la Commission", a affirmé encore le Secrétaire général.

"Le rapport décrit les efforts de la Commission pour obtenir la coopération des autorités syriennes", ajoute Kofi Annan.

"Ces efforts n'ont commencé à porter leurs fruits que récemment, ce qui a retardé les travaux de la Commission", a précisé le Secrétaire général.

"Detlev Mehlis m'a confirmé qu'il ne souhaitait pas continuer à diriger la Commission si le Conseil de sécurité décidait de prolonger son mandat", après le 15 décembre prochain, a Kofi Annan.

Detlev Mehlis recommande dans son rapport que le mandat de la Commission d'enquête soit prorogé à nouveau pour une durée de six mois, a indiqué le porte-parole du Secrétaire général.

Kofi Annan affirme enfin qu'il est à l'oeuvre pour faire en sorte qu'un successeur soit choisi dans les plus brefs délais. Il rappelle aussi que Detlev Mehlis continuera de diriger les travaux de la Commission jusqu'à la désignation de son successeur.

Le Conseil de sécurité, qui vient de recevoir le rapport Mehlis, tiendra des consultations à huis clos, aujourd'hui à 16 heures, et une séance publique, demain après-midi, au cours de laquelle le magistrat allemand présentera l'avancement des travaux de son enquête.

Detlev Mehlis avait remis hier dimanche son rapport au Secrétaire général (voir notre dépêche d'aujourd'hui).

Le représentant britannique auprès des Nations Unies et président du Conseil de sécurité pour le mois de décembre avait fait savoir, le 2 décembre dernier, que les membres du Conseil examineraient, au cours de leurs consultations, la pertinence ou non de proroger le mandat de la Commission, en fonction des derniers interrogatoires du magistrat.

Le représentant britannique s'était d'ailleurs d'emblée prononcé en faveur d'une telle prorogation compte tenu du travail "excellent et méticuleux" de l'équipe Mehlis (voir notre dépêche du 2 décembre 2005).

Detlev Mehlis avait confirmé, le 25 novembre dernier, être parvenu à un accord avec les autorités syriennes pour mener les interrogatoires de cinq hauts responsables syriens au siège de l'ONU à Vienne (voir notre dépêche du 25 novembre 2005).

Le 31 octobre dernier, le Conseil de sécurité avait adopté la résolution 1636 qui demandait à la Syrie de coopérer pleinement dans l'enquête sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri.

La résolution demandait aussi à la Syrie "d'arrêter les responsables syriens ou les personnes que la Commission soupçonne d'être impliquées dans la préparation, le financement, l'organisation ou la commission de cet attentat terroriste, et de les mettre pleinement à la disposition de la Commission".

Cette résolution, adoptée dans le cadre du chapitre VII de la Charte des Nations Unies qui prévoit le recours à la force en cas de menace à la paix et à la sécurité internationales, demandait également à la Commission de présenter son rapport sur l'avancement de l'enquête d'ici au 15 décembre prochain, y compris sur la coopération des autorités syriennes.

Il était enfin prévu que si les autorités syriennes ne répondaient pas aux exigences de la résolution, le Conseil pourrait envisager des "mesures supplémentaires".

Présentant, le 25 octobre dernier, son premier rapport au Conseil de sécurité, Detlev Mehlis avait en effet estimé que la poursuite de l'enquête fournirait « une nouvelle chance aux autorités syriennes de faire preuve d'une coopération plus approfondie et plus significative » (voir notre dépêche du 25 octobre 2005).

Dans son rapport, Detlev Mehlis déplorait l'absence de coopération de la Syrie dans l'enquête, en dépit d'un « faisceau de preuves » conduisant « à l'implication tant du Liban que de la Syrie dans l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri » (voir notre dépêche du 21 octobre 2005).

"Même si les autorités syriennes, après une première hésitation, ont coopéré à un degré limité avec la Commission, plusieurs témoins ont tenté de tromper les enquêteurs en faisant des déclarations inexactes", déplorait Detlev Mehlis.

Le 21 octobre dernier, le Secrétaire général avait indiqué son intention de proroger le mandat de la Commission d'enquête jusqu'au 15 décembre 2005 (voir notre dépêche du 21 octobre 2005).

La Commission d'enquête, opérationnelle depuis le mois de juin dernier, avait été mise en place par la résolution 1595, adoptée le 7 avril dernier par le Conseil de sécurité, après qu'une enquête préliminaire des Nations Unies ait qualifié l'enquête des services de police libanais de "gravement défectueuse" (voir notre dépêche du 30 mars 2005).

L'attentat qui s'était produit à Beyrouth, le 14 février dernier, contre le convoi l'ancien Premier ministre libanais, Rafic Harir, avait causé la mort de 22 autres personnes et conduit à des appels au retrait de toutes les troupes syriennes et de l'appareil de renseignement, présents au Liban depuis le début de la guerre civile de 1975-1990 (voir notre dépêche du 15 février 2005).

 

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