Ethiopie/Erythrée : le chef des opérations de maintien de la paix envoyé en mission d'évaluation

8 décembre 2005

Le Secrétaire général a décidé d'envoyer le chef du département des opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno ainsi que le Conseiller militaire de l'ONU, le général Randir Kumar Mehta, en Ethiopie et en Erythrée, afin d'évaluer la situation sur le terrain après que l'Erythrée a exigé le départ de tout le personnel occidental de la Mission de l'ONU.

« L'ONU a indiqué aux autorités érythréennes qu'elle ne pouvait accepter sa demande tendant à des membres de la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE), ressortissants de certains pays, quittent le pays », a rappelé aujourd'hui le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.

La Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE) a indiqué que près de 180 seraient affectés par la décision : 91 observateurs militaires, près de 10 volontaires et 70 membres du personnel international.

Sur un total de 44 pays contributeurs de troupes, 18 tombent sous le coup des restrictions imposées par l'Erythrée, a précisé le porte-parole.

Le Secrétaire général a condamné hier la décision prise par le gouvernement érythréen de demander à certains membres de la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE) – Américains, Canadiens, Russes et Européens - de quitter le pays dans les 10 jours, sans donner de raisons (voir notre dépêche du 7 décembre 2005).

Le Conseil de sécurité a également condamné la décision prise par le gouvernement érythréen dans une déclaration présidentielle prononcée par Emyr Jones Parry, Représentant du Royaume-Uni et président du Conseil pour le mois de décembre (voir notre dépêche du 7 décembre 2005).

« Cette déclaration n'est que la première des mesures qui seront prises par le Conseil, qui ne voulait pas retarder son action », a souligné hier Jean-marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, lors d'une rencontre avec la presse, à l'issue des consultations à huis clos.

« De mémoire, c'est la première fois que le Conseil réagit aussi vite, après seulement une première réunion au niveau des experts, et qu'il montre un tel consensus publiquement », a fait remarquer le Secrétaire général adjoint.

Le Secrétaire général a également condamné aujourd'hui la décision prise par le gouvernement érythréen (voir notre dépêche d'aujourd'hui).

La MINUEE, chargée de surveiller le cessez-le-feu entre l'Ethiopie et l'Erythrée, avait confirmé, le 1er décembre dernier, des mouvements de troupes des deux côtés de la frontière, en dépit des restrictions qui l'empêchent de surveiller la totalité de la zone de sécurité (voir notre dépêche du 1re décembre 2005).

Dans sa résolution 1640, le Conseil de sécurité enjoignait l'Erythrée d'annuler sans plus tarder sa décision prise le 5 octobre dernier, d'interdire les vols d'hélicoptère de la MINUEE (voir notre dépêche du 23 novembre 2005 et voir notre dépêche du 5 octobre 2005).

En Septembre 2000, le Conseil de sécurité avait autorisé le déploiement dans le cadre de la MINUEE d'un maximum de 4.200 hommes pour surveiller le respect de la cessation des hostilités et favoriser le respect des obligations en matière de sécurité auxquelles les deux parties ont souscrit.

Le Conseil de sécurité avait créé la MINUEE, en juillet 2000, dans le but de maintenir une liaison entre les parties et de mettre en place un mécanisme permettant de vérifier la cessation des hostilités.

En juin 2000, après deux ans de combats motivés par un différend frontalier, l´Éthiopie et l´Érythrée ont signé un Accord de cessation des hostilités, au terme de pourparlers organisés sous les auspices de l´Algérie et de l´Organisation de l'unité africaine.

 

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