Catastrophes naturelles : 2005 bat des records en matière d'intensité et de coûts

7 décembre 2005

Le Programme des Nations Unies pour l'environnement a annoncé hier à la Conférence de Montréal que l'année 2005 avait battu une série de records climatiques et que les catastrophes naturelles d'origine climatique n'ont jamais coûté autant d'argent.

« Les estimations préliminaires établies par la Fondation Munich Re, l'une des sociétés de réassurance leader dans le monde, font état d'une perte économique de plus de 200 milliard de dollars dont 70 milliards en valeur assurée », déclare le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) dans un communiqué publié hier à Montréal.

Ce chiffre est à comparer avec 2004, l'année jusqu'alors la plus onéreuse en terme de dégâts causés par des catastrophes naturelles. Les pertes économiques atteignaient alors les 145 milliards de dollars dont 45 milliards de dollars en biens assurés, fait observer le Programme.

« Les chiffres de cette année, dus en partie au plus grand nombre jamais enregistré d'ouragans et de tempêtes tropicales depuis que de tels relevés existent - à partir de 1850 -, reflètent une tendance croissante, que beaucoup dans l'industrie expliquent comme des changements climatiques liés aux émissions générées par l'activité humaine », indique le communiqué.

« Les experts du secteur des assurances relèvent également l'accumulation de preuves scientifiques, dont des études publiées dans le journal Nature cette année, qui montrent que les tempêtes tropicales les plus importantes dans l'Atlantique et le Pacifique ont augmenté d'environ 50% en intensité et en durée depuis les années 1970 », ajoute le PNUE.

« Cette année fut aussi marquée par le plus haut niveau de précipitations jamais enregistré, à Mumbai en Inde, ainsi que par le premier ouragan qui se soit formé et ait approché l'Europe (l'ouragan Vince qui fut le premier ouragan de tous les temps à s'approcher de l'Europe, atteignant la côte espagnole en octobre) ou encore l'apparition de l'ouragan le plus violent jamais enregistré », affirme encore le Programme.

« Ces chiffres indiquent de façon très forte que nous sommes en train de nous déplacer du domaine de la prédiction d'impacts probables, à celui de la preuve irréfutable que cela est déjà en train de se produire », a déclaré Thomas Loster, directeur de la Fondation Munich Re.

« Il faut surtout retenir que ce sont des catastrophes humanitaires qui nous montrent que, du fait des impacts que nous avons sur le climat, nous rendons les populations et les communautés partout dans le monde plus vulnérables aux catastrophes naturelles dues aux intempéries », a-t-il ajouté.

« Nous sommes ici à Montréal à l'occasion de la 11e Conférence des parties à la convention-cadre sur les changements climatiques. Il est vital, qu'avant la clôture de cette conférence, les gouvernements envoient un signal très clair aux entreprises, à l'industrie et aux populations de cette planète, indiquant qu'ils sont déterminés à continuer à se battre pour juguler le réchauffement climatique », a déclaré Klaus Toepfer, directeur du PNUE.

Les scientifiques estiment que les émissions de gaz à effet de serre devraient être réduites de 60 % ou plus pour stabiliser l'atmosphère.

« Nous devons trouver la volonté politique et les fonds nécessaires pour aider les gens les plus vulnérables sur la planète à s'adapter aux changements climatiques en cours. Mais en définitive la meilleure forme d'adaptation est de réduire les émissions mondiales en faisant une révolution dans l'utilisation de l'énergie pour ne pas en abuser, et en augmentant radicalement notre efficacité énergétique par l'utilisation des technologies et techniques déjà disponibles ou à portée de main », a-t-il conclu.

 

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