OMS : la violence domestique, une question majeure de santé publique qui reste cachée

25 novembre 2005

L'agence des Nations Unies pour la santé a appelé à traiter la violence conjugale comme une question prioritaire de santé publique, à l'occasion de la publication hier de la première étude réalisée sur la violence domestique, un phénomène qui reste encore largement caché.

« Il apparaît que les femmes sont davantage exposées au risque de violence chez elles que dans la rue, ce qui a des répercussions graves pour leur santé. L'étude montre aussi à quel point il est important de mettre l'accent sur la violence domestique au niveau mondial et de la traiter comme une question majeure de santé publique », a déclaré Lee Jong-Wook, directeur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dans un communiqué publié hier à Genève, à l'occasion de la publication hier de la première étude sur la violence domestique.

L'« Etude sur la santé des femmes et la violence domestique à l'égard des femmes » montre que la violence domestique contribue notamment à accroître le risque d'infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH/sida.

La probabilité d'avoir subi au moins un avortement provoqué ou une fausse couche est également plus forte chez les femmes victimes de violences physiques ou sexuelles.

Il ressort aussi de l'étude qu'entre 4 à 12 % de femmes enceintes ont été brutalisées et qu'entre 25 à 50 % d'entre elles ont reçu des coups de poing ou de pied dans l'abdomen. Dans 90 % des cas, l'auteur des actes de violence était le père de l'enfant qu'elles portaient.

L'enquête, menée par l'OMS, est basée sur des entretiens avec plus de 24.000 femmes de milieux ruraux et urbains dans les dix pays - Bangladesh, Brésil, Ethiopie, Japon, Namibie, Pérou, République Unie de Tanzanie, Samoa, Serbie-et-Monténégro et Thaïlande.

Le communiqué précise comment les enquêteurs ont mesuré la violence physique et la violence sexuelle. « En ce qui concerne la violence physique, on a demandé aux femmes si leur partenaire actuel ou un ancien partenaire les avaient déjà : giflées ou leur avait lancé un objet susceptible de blesser, bousculées ou secouées, frappées avec le poing ou un objet susceptible de les blesser, frappées à coups de pied, traînées ou battues, étranglées ou brûlées, menacées d'une arme ou agressées au moyen d'une arme », précise l'agence.

« La violence sexuelle a été définie par les trois comportements suivants : forcer physiquement une femme à avoir des rapports sexuels contre son gré ; pour une femme, avoir des rapports sexuels parce qu'elle a peur de ce que pourrait faire son partenaire ou être contrainte à une pratique sexuelle qu'elle juge dégradante ou humiliante », ajoute le communiqué.

Enfin, l'OMS formule des recommandations à l'intention des responsables politiques et du secteur de la santé publique.

Pour les responsables politiques, le principal défi reste le caractère caché de ces violences. Au moins 20 % des femmes faisant état de violences physiques n'en avaient jamais parlé à personne avant d'être interrogées par les enquêteurs de l'OMS.

 

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