Zimbabwe : Kofi Annan déplore le rejet de l'assistance des Nations Unies aux populations expulsées

31 octobre 2005

Alors que les Nations Unies continuent de recevoir des informations faisant état de dizaines de milliers de personnes toujours sans-abri et nécessitant une assistance, des mois après la campagne d'expulsions entamée en mai 2005, le Secrétaire général a déploré le rejet par le gouvernement du Zimbabwe de l'aide des Nations Unies.

« Le Secrétaire général reste profondément préoccupé par la situation humanitaire au Zimbabwe. Il est tout particulièrement consterné d'apprendre que le Comité ad hoc du Cabinet interministériel du Zimbabwe a décliné les offres des Nations Unies d'apporter une assistance aux populations de ce pays », indique un message transmis aujourd'hui par son porte-parole.

« Dans une déclaration officielle, le ministre du gouvernement des travaux publics et du développement urbain local a affirmé qu'il n'y avait plus de raisons valables de fournir un hébergement provisoire dans la mesure où il n'y avait plus de crise humanitaire. Le ministre a indiqué par ailleurs que les interventions du gouvernement ont permis de combler les besoins les plus urgents en matière d'hébergement », regrette le message.

« La déclaration qui précède est en contradiction directe avec le rapport de l'Envoyée spéciale du Secrétaire général pour les questions relatives aux établissements humains au Zimbabwe, Anna Tibaijuka, ainsi qu'avec la plupart des informations émanant des Nations Unies et de la communauté humanitaire », affirme Kofi Annan.

« De nombreux groupes vulnérables, parmi lesquels les personnes récemment expulsées, ont encore besoin d'une assistance humanitaire d'urgence, en particulier d'un abri. Il n'y a en outre aucun indice que les efforts engagés par le gouvernement aient profité de manière significative à ces groupes », a-t-il ajouté.

Dans son message, le Secrétaire général note que la décision du gouvernement de décliner l'assistance des Nations Unies intervient en dépit de consultations prolongées sur les efforts de secours de ces derniers mois entre les Nations Unies et les autorités zimbabwéennes.

Entre-temps, la saison des pluies menace d'aggraver les conditions de vie des populations concernées, souligne-t-il.

« Le Secrétaire général est préoccupé par les souffrances continues que subissent les populations et lance un appel ferme au Gouvernement du Zimbabwe pour qu'il s'assure que ceux qui sont livrés à eux-mêmes, sans-abri et privés de leurs moyens de subsistance bénéficient d'une assistance humanitaire en collaboration avec les Nations Unies et la communauté humanitaire, en vue de prévenir une aggravation de la situation humanitaire », indique le porte-parole.

Dans un rapport qualifié de « profondément alarmant » par le Secrétaire général, l'Envoyée de l'ONU au Zimbabwe avait dénoncé le 22 juillet dernier les destructions de bidonvilles par les autorités du pays qui ont laissé 700 000 personnes sans abri ou sans travail, provoquant une grave crise humanitaire.

Anna Tibaijuka, Directrice de l'Agence des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), nommée le 20 juin dernier Envoyée spéciale de l'ONU au Zimbabwe, avait fustigé l'impact humanitaire des destructions de quartiers entiers de bidonvilles, opérées en mai dernier par les autorités du pays « sans discernement et de manière injustifiée, dans l'indifférence à la souffrance humaine », et en violation du droit international (voir notre dépêche du 22 juillet 2005).

 

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