Lutte contre le terrorisme : le Conseil de sécurité fait le bilan trimestriel de ses trois Comité spécialisés

26 octobre 2005

Le Conseil de sécurité a procédé aujourd'hui à l'examen trimestriel des activités de ses trois comités de lutte contre le terrorisme. Au cours de cette séance qui a coïncidé avec l'attentat perpétré à Hedera, Israël a demandé au Conseil de sécurité d'agir contre les Etats qui « parrainent » le terrorisme, nommant l'Iran et la Syrie.

« César Mayoral de l'Argentine, président du Comité créé par la résolution 1267 (1999) concernant Al-Qaida, les Taliban et les personnes et entités qui leur sont associées, Ellen Margrethe Løj du Danemark, présidente du Comité créé par la résolution 1373 (2001) concernant la lutte antiterroriste et Mihnea Ioan Motoc de la Roumanie, président du Comité créé par la résolution 1540 (2004) concernant l'accès des acteurs non étatiques aux armes nucléaires, ont fait le point des progrès réalisés, durant ces trois derniers mois », indique un communiqué de l'ONU.

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S'agissant du premier Comité, les délégations se sont félicitées de l'adoption de la résolution 1617 du 29 juillet dernier qui, selon les mots du représentant de la France, Jean-Marc de La Sablière, apporte des clarifications utiles.

Cette résolution prévoyait que tous les Etats membres seront tenus de prendre des sanctions contre les personnes qui figurent sur la « Liste » des membres d'Al-Qaida et des Talibans, et qui leur prêtent assistance, prévoyant notamment le gel des avoirs financiers, l'interdiction de voyager, et l'interdiction de vendre des armes ou des avions (voir notre dépêche du 29 juillet 2005).

S'agissant du Comité contre le terrorisme, les intervenants ont unanimement salué le fait que la Direction exécutive du Comité soit désormais opérationnelle. Là encore, ils ont rappelé l'importance de la résolution 1624 visant à réprimer l'incitation au terrorisme, pour le travail du Comité.

Se félicitant enfin du travail effectué par le Comité 1540 concernant l'interdiction de l'accès à des armes nucléaires, chimiques et biologiques par des acteurs non étatiques, plusieurs délégations à l'instar de la Fédération de Russie se sont prononcées pour une prorogation de son mandat qui expire au mois d'avril 2006.

Une nouvelle fois, durant le débat, les délégations ont regretté les retards dans la présentation des rapports nationaux concernant la mise en œuvre des résolutions pertinentes. Elles ont encouragé les présidents des trois Comités à multiplier les visites dans les pays pour déterminer les contraintes opérationnelles attribuables à ces retards. Les délégations ont aussi appelé à davantage d'efforts pour répondre au mieux au besoin d'assistance des États, si besoin en renforçant la coopération avec les organisations internationales, régionales et sous-régionales.

Soulignant que ce sont les mêmes experts qui appuient les travaux des trois Comités, de nombreux intervenants les ont exhortés à renforcer leur coordination pour éviter les doubles emplois. La représentante de la Colombie, Maria Angela Holguin, a notamment réclamé transparence et clarté dans les efforts de lutte contre le terrorisme pour renforcer la coopération internationale, notamment dans l'échange d'informations judiciaires.

Les délégations se sont aussi félicitées que dans le document final du sommet mondial, les chefs d'État et de gouvernement aient unanimement et sans ambiguïté condamné le terrorisme sous tous ses aspects.

Elles ont appelé à une finalisation rapide du projet de convention générale sur le terrorisme international et, rappelant la Stratégie que le Secrétaire général dévoilée le 10 mars 2005, à Madrid, lors du Sommet sur la démocratie, le terrorisme et la sécurité, elles ont dit attendre avec impatience la Stratégie révisée que Kofi Annan présentera à l'Assemblée générale, en 2006. (voir notre dépêche du 14 septembre 2005 sur la résolution du Conseil de sécurité condamnant le terrorisme sous toutes ses formes, notre dépêche sur les principaux points du Sommet, ainsi que notre dépêche du 7 octobre 2005 sur les travaux après le sommet).

L'examen trimestriel des activités des trois Comités contre le terrorisme, auquel a procédé aujourd'hui le Conseil de sécurité, a coïncidé avec l'attentat perpétré à Hadera, dans le nord d'Israël (voir notre dépêche d'aujourd'hui).

Le représentant d'Israël, Dan Gillerman, a prévenu d'emblée que ceux qui attendent d'Israël qu'il suive la Feuille de route du Quatuor doivent réaliser que la feuille de route que son pays est obligé de suivre quotidiennement est celle que leur imposent les terroristes. Il a exhorté le Conseil de sécurité à faire face à l'Iran et à la Syrie, « parrains d'organisations » telles que le Jihad islamique, qui a revendiqué l'attentat perpétré aujourd'hui.

Le représentant de la Syrie, Fayssal Mekdad, a réfuté ces accusations en mettant l'accent sur l'attachement de son pays aux normes internationales de lutte contre le terrorisme.