R. D. du Congo : le gouvernement appelé à étendre son autorité sur tout le pays

28 septembre 2005

Dans son dernier rapport sur la situation en République démocratique du Congo, le Secrétaire général souligne la persistance de la catastrophe humanitaire dans le pays et engage le gouvernement à étendre son autorité notamment sur les Kivus et le Katanga.

« Malgré les retards, dus en grande partie à des problèmes logistiques, des progrès encourageants ont été accomplis jusqu'à présent dans le processus d'inscription des électeurs, qui est une étape importante en vue de la tenue d'élections démocratiques en République démocratique du Congo », indique le Secrétaire général dans son dernier rapport au Conseil de sécurité, en date du 26 septembre, qui a été rendu public aujourd'hui.

Rappelant qu'il est « essentiel que la législation nécessaire, notamment la loi électorale, soit adoptée par le Gouvernement de transition et le Parlement dans les meilleurs délais », afin que les élections puissent être organisées au plus tard en juin 2006, le Secrétaire général engage les donateurs à accélérer le versement de leurs généreuses contributions annoncées pour le financement de l'organisation des élections.

« Entre temps, la MONUC élargit son rôle à l'ensemble du pays en fournissant un appui logistique et autre à la Commission électorale indépendante, qui sera vitale pour le succès du scrutin », précise-t-il.

A cet égard, s'il salue la décision du Conseil de sécurité d'avoir autorisé le déploiement d'unités de police constituées supplémentaires, afin de renforcer la capacité de la MONUC à assurer la sécurité au cours de la période électorale, le Secrétaire général souligne qu'un renforcement des capacités militaires de la MONUC sera requis pour faire face aux menaces posées par des groupes armés au Katanga et contribuer à la mise en place des conditions de sécurité nécessaires pour les élections dans cette province instable.

« À cet égard, j'espère que le Conseil examinera favorablement ma recommandation visant à accroître de 2 580 personnes les effectifs de la MONUC », indique Kofi Annan.

S'agissant par ailleurs du processus de transition en RDC, le rapport souligne l'importance de la bonne gouvernance, et en particulier la gestion appropriée des ressources naturelles et des fonds de l'État.

L'établissement d'institutions judiciaires efficaces reste par ailleurs indispensable à l'instauration de l'ordre public, indique le Secrétaire général.

Or, « dans de nombreuses régions du pays, il n'y a aucune capacité de détention ou tribunal en état de fonctionner, ce qui oblige les autorités chargées de l'application des lois à libérer des personnes considérées comme de dangereux criminels ou à demander aux contingents de la MONUC de confiner les suspects pour des raisons de sécurité et de protection des civils ».

Le Secrétaire général préconise en conséquence au gouvernement d'allouer des fonds au secteur de la justice, et à la communauté internationale de lui apporter un appui.

Il engage aussi le gouvernement à « accorder la priorité à l'extension de l'administration de l'État à l'ensemble du pays et à l'amélioration des services de base fournis à la population », notamment en Ituri – où se poursuit le pillage des ressources naturelles.

« Malgré les immenses souffrances du peuple de la République démocratique du Congo, la communauté internationale n'a pas accordé une attention suffisante à la catastrophe humanitaire continue dans le pays », souligne par ailleurs le rapport, qui souligne qu'au 6 septembre, 98 millions de dollars, soit 48% seulement des 193 millions requis dans l'appel consolidé de l'ONU pour 2005, avaient été fournis.

« Au cours des trois dernières années, la MONUC s'est efforcée de désarmer et de démobiliser les groupes armés étrangers se trouvant sur le territoire de la République démocratique du Congo et de faciliter leur retour volontaire dans leur pays d'origine. Près de 12 000 combattants et membres de leur famille ont été rapatriés. »

« Toutefois, les FARDC doivent encore acquérir une capacité suffisante pour prendre des mesures efficaces contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), et un appui international financier et logistique supplémentaire sera crucial pour y parvenir », indique le rapport, qui salue les engagements pris par les Gouvernements rwandais et ougandais « concernant des garanties de sécurité et des incitations pour les rapatriés qui n'ont pas été responsables de violations flagrantes des droits de l'homme ».

Dans le domaine des droits de l'homme, « de nouveaux efforts concertés doivent être déployés pour mettre fin aux violations flagrantes des droits de l'homme commises par des groupes armés et les FARDC contre des civils dans l'Ituri, les Kivus et le centre et le nord du Katanga, qui entravent sérieusement les efforts visant à stabiliser ces zones ainsi que l'organisation des élections ».

« En vertu du mandat de la Mission concernant la protection des civils, la MONUC, ainsi que le personnel humanitaire et de protection des droits de l'homme des Nations Unies, ont l'intention d'exécuter des activités de protection, en particulier lorsque les institutions de l'État présentent des lacunes », précise le rapport.

« À cet égard, les opérations de dissuasion menées par la composante militaire de la MONUC viendront compléter les activités de contrôle, de plaidoyer, d'assistance et d'appui exécutées par les responsables de l'action humanitaire et de la protection des droits de l'homme », indique le Secrétaire général.

Concernant l'avenir de la MONUC, le Secrétaire général rappelle que « le référendum sur la Constitution doit se tenir avant l'expiration de la première prorogation de la transition le 31 décembre. À cette date, le Parlement aura probablement voté en faveur de la deuxième et dernière prorogation de la transition, d'une durée de six mois, afin de permettre à la Commission électorale indépendante d'organiser les élections ».

« Dans ce contexte, je recommande que le mandat de la MONUC soit prorogé pendant une année supplémentaire, jusqu'au 1er octobre 2006, ce qui comprendrait la période allant jusqu'aux élections et la période suivant immédiatement la transition après la prise de fonctions du nouveau Gouvernement ».

 

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