Criquet pèlerin : la menace d'une invasion plane toujours, selon la FAO

21 juillet 2005

Une invasion massive de criquets pèlerins au Sahel est écartée mais les opérations de surveillance doivent continuer dans les pays de la ligne de front du Sahel - Mali, Mauritanie, Niger – dans la mesure où la situation est toujours critique au Tchad et au Soudan, estime l'agence des Nations Unies pour l'agriculture.

« Plusieurs essaims de criquet pèlerin, qui étaient restés en Guinée, en Afrique de l'Ouest, jusqu'en avril 2005, se sont déplacés graduellement à travers le Sahel, infestant le Tchad début mai, le Darfour vers la fin mai et le nord de l'Ethiopie en juin, et pondant sur leur parcours », indique un communiqué de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) publié aujourd'hui à Rome.

« La situation est toujours critique au Tchad et au Soudan occidental où une résurgence pourrait encore se développer », précise la FAO.

« L'urgence criquet n'est pas levée car de bonnes précipitations dans les zones de reproduction du Sahel pourraient permettre à des populations dispersées de criquet pèlerin de réussir une bonne reproduction, déclenchant de nouvelles résurgences dans certains pays », a déclaré Jacques Diouf, directeur général de la FAO, au cours d'une réunion de représentants des bailleurs de fonds, aujourd'hui à Rome.

Pour le moment, il n'y a pas d'infestations acridiennes dans les zones de reproduction acridienne traditionnelles en Mauritanie, au Maroc et en Algérie, ajoute l'agence des Nations Unies dans son communiqué.

« La FAO est prête à affronter le scénario probable d'une infestation acridienne sur 50 000 à 250 000 hectares au cours des prochains mois. Mais le scénario du pire, avec des infestations sur plus dƇ million d'hectares, est à écarter », a indiqué Jacques Diouf.

Depuis le début de la crise acridienne en octobre 2003, les bailleurs de fonds ont versé 74 millions de dollars, auxquels il faut ajouter 6 millions de dollars des ressources propres de la FAO, rappelle l'agence.

« Grâce à ce soutien massif des bailleurs de fonds, la FAO a pu aider 18 pays affectés, injectant quelque 45 millions de dollars dans leurs campagnes de lutte antiacridienne », a précisé le directeur de la FAO.

« Grâce au soutien des bailleurs de fonds et aux efforts déployés par les pays affectés par le criquet, les infestations acridiennes actuelles sont à un niveau plus bas que l'an dernier et les pays sont mieux préparés aujourd'hui qu'il y a douze mois », a-t-il affirmé.

« Sauf développement imprévu, les perspectives d'un retour à une situation acridienne normale vers la fin de l'année sont bonnes ».

 

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