Le Conseil de sécurité demande la nomination d'un haut représentant de l'ONU pour les élections en Côte d'Ivoire

3 juin 2005

Prorogeant aujourd'hui le mandat de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire pour sept mois et prévoyant son éventuel renforcement, le Conseil de sécurité a réitéré son appui au processus de Pretoria et demandé au Secrétaire général de nommer, dans ce cadre, un haut représentant pour les élections en Côte d'Ivoire, prévues pour le 30 octobre 2005.

Le Conseil de sécurité a décidé aujourd'hui de proroger le mandat de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI ) et des forces françaises qui la soutiennent jusqu'au 24 juin 2005, pour une période de sept mois.

Par sa résolution 1603 (2005), adoptée à l'unanimité, il autorise le Secrétaire général à « commencer à prendre les dispositions nécessaires, notamment pour la constitution de contingents et d'unités de police, en vue de faciliter un déploiement en temps voulu si le Conseil venait à décider d'augmenter les effectifs autorisés de l'ONUCI et d'en réaménager le mandat ».

Présentant hier le programme de travail, le Président du Conseil de sécurité pour le mois de juin, l'ambassadeur de la France, Jean-Marc de La Sablière, avait rappelé que dans son dernier rapport au Conseil, le Secrétaire général sollicitait l'accroissement du personnel de l'ONUCI, de 850 militaires, de 375 policiers et d'utiliser 1200 soldats de la Mission de l'ONU en Sierra Leone, en septembre (voir notre dépêche du 2 juin 2005).

Dans sa résolution d'aujourd'hui, le Conseil prie aussi le Secrétaire général, sur la base de l'Accord de Pretoria, de « désigner, à titre exceptionnel, après consultation de l'Union africaine et du Président Thabo Mbeki, un haut représentant pour les élections en Côte d'Ivoire, indépendant de l'ONUCI, qui apportera son concours notamment aux travaux de la Commission électorale indépendante et du Conseil constitutionnel sans porter atteinte aux responsabilités du Représentant spécial du Secrétaire général ».

Le Conseil prend note avec satisfaction de ce que le Conseil des ministres ivoiriens a décidé que le premier tour des élections présidentielles aurait lieu le 30 octobre 2005. Il note aussi avec satisfaction que le Président Gbagbo a annoncé que tous les candidats désignés par les partis politiques signataires de l'Accord de Linas-Marcoussis pourraient se présenter à celles-ci.

« Détaillant dans le texte adopté le mandat du futur Haut Représentant pour les élections, le Conseil précise que ce dernier lui rendra compte immédiatement, par l'intermédiaire du Secrétaire général, et informera le médiateur de l'Union africaine, le Président Thabo Mbeki, de toute difficulté susceptible de compromettre la tenue d'élections ouvertes à tous, libres, justes et transparentes ».

Enfin, le Conseil « fait sien l'Accord de Pretoria qui est l'accord sur le processus de paix en Côte d'Ivoire signé par les parties le 6 avril 2005 sous l'égide du Président Mbeki ». Il réaffirme en conséquence qu'il entend appliquer, si les parties n'honorent pas les engagements souscrits à Linas-Marcoussis et à Pretoria, les restrictions sur les déplacements et les sanctions financières prévues en 2004 dans la résolution 1572 (voir notre dépêche du 1er février 2005 et du 15 novembre 2004).

Le Conseil exige également dans la résolution adoptée ce matin que les parties mettent pleinement en œuvre l'accord signé le 14 mai par les chefs d'état-major des Forces armées nationales ivoiriennes et des forces armées des Forces nouvelles concernant le désarmement, la démobilisation et la réintégration ainsi que la restructuration de l'armée. Il fait part de sa préoccupation quant à la détérioration de la situation sur le plan de la sécurité et sur le plan humanitaire, particulièrement dans l'ouest du pays.

Dans une déclaration à la presse, la Présidente du Conseil de sécurité pour le mois de mai, Ellen Margrethe Løj, avait affirmé que le Conseil suivrait de près la mise en oeuvre de cet accord (voir notre dépêche du 25 mai 2005).

image• Retransmission de la séance du Conseil de sécurité [4mins]

Pour sa part, s'il s'est félicité de l'attention donnée par le Conseil de sécurité à la crise ivoirienne, l'ambassadeur de la Côte d'Ivoire, Philippe Djangoné-Bi s'est néanmoins déclaré « surpris du renouvellement des forces internationales sous leur forme antérieure, à savoir des forces internationales sous commandement de l'ONU et des forces d'un pays sous son propre commandement », en référence aux forces françaises de l'Opération Licorne, mandatée par l'ONU.

« C'est une particularité qui a été abandonnée depuis longtemps dans les opérations de maintien de la paix de l'ONU, et dont le maintien en Côte d'Ivoire reste incompréhensible », a-t-il ajouté. « Nous avions attendu une fusion des commandements afin de le rendre plus opérationnel. Nous ne sommes pas membre du Conseil de sécurité. Apparemment, nous n'avons pas été entendus », a-t-il conclu.

image• Retransmission de la déclaration à la presse du représentant de la Côte d'Ivoire [4mins]

image• Retransmission du point presse du Président du Conseil de sécurité, l'ambassadeur de La Sablière [3mins]

 

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