Sécheresse à Djibouti : quelque 30 000 éleveurs menacés de famine

29 avril 2005

Il faudrait d'urgence 2,5 millions de dollars pour apporter une aide alimentaire à quelque 30 000 éleveurs nomades, victimes de la sécheresse à Djibouti après trois années consécutives de pluies erratiques, et 4 millions de dollars pour nourrir et soigner quelque 50 000 têtes de bétail, selon les agences de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture.

« L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a lancé un appel de fonds d'urgence, d'un montant de 4 millions de dollars, pour procurer du fourrage, de l'eau et des soins vétérinaires au bétail, à Djibouti, où l'aggravation de la sécheresse, due à trois années consécutives de pluies erratiques, menace de famine quelque 30 000 éleveurs nomades », indique un communiqué publié aujourd'hui à Rome.

L'appel de la FAO s'insère dans le cadre de l'appel consolidé des Nations Unies, d'un montant de 7,5 millions de dollars, lancé le 27 avril dernier et destiné à contrer la grave crise alimentaire à Djibouti, précise le communiqué.

« Les bassins hydrographiques et les pâturages ont souffert suite au manque de précipitations. Les éleveurs nomades de Djibouti et des pays voisins également affectés par la sécheresse - Erythrée, Ethiopie, Somalie - ont été contraints de cantonner leurs troupeaux dans la région côtière de Djibouti au détriment de la capacité de régénération des pâturages de cette région.Tous les bassins hydrographiques du nord-ouest et du sud-est sont pratiquement à sec », explique le communiqué.

Le surpâturage et la surexploitation des eaux de source ont entraîné une hécatombe de bétail et une chute notable de la production laitière. « Les animaux qui ont survécu sont en piètre condition du fait à la fois des attaques parasitaires et de maladies comme la pneumonie », prévient la FAO.

« Les familles des éleveurs nomades dépendent de leurs bêtes pour s'alimenter et se procurer des revenus », a rappelé Fernanda Guerrieri, chef du service des opérations d'urgence de la FAO. « Nombreux sont ceux qui ont tout perdu et n'ont plus rien à manger ou à vendre ».

« Du fourrage, de l'eau et des soins vétérinaires d'urgence sont indispensables pour 50 000 têtes de bétail », a-t-elle précisé.

« Des milliers de personnes ont déjà reflué vers les zones urbaines à la recherche d'aide alors que les familles restées sur place ont besoin de secours urgents », a alerté Fernanda Guerrieri.

« Parallèlement à ces distributions qui répondront à des besoins immédiats, des opérations à plus long terme devraient être lancées le plus tôt possible pour restaurer les pâturages », a-t-elle ajouté.

Dans un communiqué publié également aujourd'hui à Djibouti, le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé un appel de fonds d'un montant de 2,5 millions de dollars pour apporter une aide alimentaire à quelque 30 000 personnes dont 6 000 enfants âgés de moins de cinq qui sont sous-alimentés.

« Nous avons été en mesure de fournir une aide alimentaire à 29 000 personnes pendant un mois, mais les personnes qui sont touchées vont avoir besoin d'une assistance sur le plus long terme », a déclaré Fatma Samoura, directrice du PAM à Djibouti.

L'appel de fonds du PAM s'insère également dans le cadre de l'appel consolidé des Nations Unies, lancé le 27 avril dernier (voir notre dépêche du 27 avril 2005 et le communiqué du Bureau des affaires humanitaires de l'ONU).

 

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