Le HCR appelle le Gouvernement soudanais à assumer ses responsabilités envers la population déplacée

19 avril 2005

En visite au Soudan et au Tchad, la responsable de l'agence de l'ONU pour les réfugiés a appelé aujourd'hui le Gouvernement soudanais à protéger ses propres citoyens déplacés et à respecter leur droit à un retour volontaire dans la sécurité et la dignité.

La Haut-Commissaire pour les Réfugiés par intérim, Wendy Chamberlin, a commencé une visite de cinq jours au Soudan et au Tchad « par un appel au Gouvernement soudanais à assumer ses responsabilités dans la protection de ses propres citoyens et à aider les Soudanais déplacés par la guerre civile à rentrer chez eux dans le sud du pays », a informé aujourd'hui Ron Redmond, le porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), lors d'un point avec la presse au Siège de l'ONU à Genève.

« Après avoir visité deux sites où vivent des personnes déplacées par les 21 ans de guerre civile aux abords de la capitale, Khartoum, Wendy Chamberlin a annoncé que l'UNHCR et la communauté internationale tiendront le gouvernement soudanais pour responsable de la protection de ses propres populations, ainsi que de l'aide apportée à ceux qui souhaitent rentrer chez eux ».

« Elle a insisté sur le fait que les principes qui président au retour des réfugiés, c'est-à-dire que leurs mouvements doivent être volontaires et menés à bien en toute sécurité et dans la dignité, s'appliquent aussi à celui des personnes déplacées dans leur propre pays ».

Le HCR estime à 6,1 millions le nombre de personnes qui ont fui la guerre civile au sud du pays et sont maintenant déplacées à l'intérieur du Soudan, auxquels s'ajoutent les 500 000 personnes réfugiées dans d'autres pays – notamment l'Ouganda, le Kenya, et la République démocratique du Congo .

Toutes ces personnes devront rentrer chez elles dans les prochaines années, précise le porte-parole, qui rappelle que la signature de l'Accord de paix global qui a mis fin à la guerre civile entre le Nord et le Sud en janvier dernier, a ouvert la voie au retour chez eux des réfugiés et des personnes déplacées (voir notre dépêche du 5 janvier 2005).

Les femmes originaires des montagnes Nuba du sud – qui ont vécu ces 17 dernières années dans un camp proche de Khartoum – ont fait part à Wendy Chamberlin de leurs inquiétudes concernant leur retour chez elles : le coût élevé du bus pour rentrer dans le sud, le fait que leurs enfants n'auraient pas accès à des écoles du même niveau qu'à Khartoum, et la peur de ne pas trouver des terres à cultiver.

La Haut Commissaire aux réfugiés, qui occupe ce poste dans l'attente de la désignation d'un successeur à Ruud Lubbers, se rendra aujourd'hui à Nyala au sud du Darfour, où elle rendra visite à quelque 2 millions de personnes déplacées par le conflit séparatiste dans cette région, qui s'ajoutent à ceux déplacés par la guerre civile au sud.

Elle devrait mettre en lumière le rôle de l'UNHCR dans la protection des personnes déplacées, notamment dans l'aide et le soutien aux femmes victimes de viol, a déclaré le porte-parole, qui précise que son voyage se poursuivra au Tchad, où le HCR prend en quelque 200 000 réfugiés venus du Darfour.

Le dernier rapport du Secrétaire général sur la situation au Darfour, publié hier, ne fait état d'aucune amélioration dans la situation sécuritaire dans cette région (voir notre dépêche du 18 avril 2005).

 

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