HCR : les rapatriements permettent la fermeture d'un camp de réfugiés burundais en Tanzanie

6 avril 2005

Le gouvernement tanzanien a annoncé la fermeture prochaine du camp de Karago, un des neuf camps de réfugiés burundais en Tanzanie, alors que les opérations de rapatriement menées par l'agence de l'ONU pour les réfugiés continuent. Plus de 158.000 réfugiés burundais sont déjà retournés dans leur pays mais 240.000 autres continuent de vivre dans des camps en Tanzanie.

Le gouvernement tanzanien va fermer dans les prochaines semaines le camp de Karago, un des neuf camps de réfugiés burundais dans le nord-ouest de la Tanzanie, dans le but de restructurer ces camps qui se vident en raison du retour au pays des réfugiés, annonce un communiqué du Haut Commissariat des Nations Unies (HCR) pour les réfugiés, publié hier à Kibondo en Tanzanie.

En conséquence, quelque 5 500 réfugiés burundais du camp de Karago seront relogés à la fin du mois dans le camp voisin de Mtendeli, indique le HCR.

Un accord tripartite entre la Tanzanie, le Burundi et le HCR stipule que tous les camps dont la population en réfugiés ne dépasse pas 10.000 personnes seront fermés, rappelle le communiqué.

Plus de 158 000 réfugiés burundais sont rentrés dans leur pays depuis que l'agence de l'ONU pour les réfugiés a lancé, en mars 2002, un programme de retour volontaire. L'agence de l'ONU envisage d'aider 85 000 retours supplémentaires cette année.

Cependant, alerte le HCR, les opérations de rapatriement sont ralenties. L'agence compte 7 800 retours pour les trois premiers mois de cette année, contre 11 000 retours par mois l'été dernier.

« Cette diminution des chiffres s'explique en partie par les craintes des réfugiés concernant la disponibilité de services de base dans leur pays d'origine ainsi que le processus de paix », a déclaré la porte-parole du HCR, Jennifer Pagonis.

Le 11 mars dernier, le HCR avait annoncé que plus de 800 Tutsis et pygmées Twa avaient dû fuir le Burundi pour se réfugier au Rwanda après avoir été menacés de mort par les Hutus, avant la tenue du référendum pour une nouvelle Constitution, étape décisive du processus de paix dans le pays (voir notre dépêche du 11 mars 2005 et voir également celle du 18 mars 2005).

Aux problèmes politiques s'ajoute un obstacle financier. Des 62,3 millions de dollars nécessaires pour le programme de rapatriement de cette année, les donateurs n'ont jusqu'à présent fourni que quelque 8,5 millions de dollars, soit 14%.

Il reste plus de 240 000 réfugiés burundais dans des camps en Tanzanie. En outre, 200 000 autres vivent dans des camps improvisés et dans un nombre inconnu de villes et de villages.

La Tanzanie accueille également plus de 150 000 réfugiés congolais et presque 3 000 réfugiés somaliens.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.