Les Nations Unies lancent la «Décennie de l'Eau pour la vie»

22 mars 2005

A l'occasion de la Journée mondiale de l'eau, les Nations Unies lancent aujourd'hui la Décennie de l'Eau pour la vie, alors que le monde est confronté à des pénuries et aux maladies transmises par cet élément vital, et que l'adaptation des techniques agricoles, principale consommatrice d'eau, devra se faire dans le respect de l'environnement.

« L'eau est indispensable à la vie. Or, des millions de personnes, partout dans le monde, manquent d'eau. Des millions d'enfants meurent chaque année de maladies d'origine hydrique. Et certains des pays les plus pauvres de la planète souffrent régulièrement de la sécheresse », affirme le Secrétaire général de l'ONU, dans un message diffusé à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau célébrée aujourd'hui, afin de marquer « le début de la Décennie de l'« Eau pour la vie ».

« Le monde doit trouver de réelles solutions à ces problèmes. Nous devons utiliser l'eau de façon plus rationnelle, surtout dans l'agriculture. Nous devons libérer les femmes et les filles forcées d'aller chercher l'eau, parfois très loin, de cette corvée quotidienne. Nous devons les associer aux décisions relatives à la gestion de l'eau. Nous devons faire de l'assainissement une priorité, car c'est dans ce domaine que les progrès sont les plus lents. Et nous devons montrer que les ressources en eau ne sont pas inévitablement une source de conflit, et peuvent au contraire stimuler la coopération ».

« Des progrès considérables ont été accomplis », note le Secrétaire général, « mais il reste de sérieux efforts à faire ».

« C'est pourquoi, l'année 2005, qui marque officiellement le début de la Décennie de l'« Eau pour la vie » est une année cruciale. Nous devons en effet parvenir à former un consensus international et que tout soit mis en œuvre pour que, d'ici à 2015, cette ressource vitale contribue pleinement au développement humain de tous les peuples de la planète », a affirmé pour sa part le Président de l'Assemblée générale de l'ONU, Jean Ping, du Gabon, dans un message diffusé hier.

Par ailleurs, dans un communiqué publié hier, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) préconise d'adopter « des politiques appropriées et une bonne gouvernance » pour inciter les agriculteurs à mieux utiliser l'eau.

La FAO rappelle que l'agriculture est le plus grand consommateur d'eau, et qu'il faut « en moyenne une tonne d'eau pour produire un kilogramme de blé ».

"La demande en nourriture n'est pas négociable », précise la FAO, qui estime que « pour satisfaire cette demande entre 2000 et 2030, la production de cultures vivrières des pays en développement devrait augmenter de 67%».

« Dans le même temps, l'accroissement soutenu de la productivité devrait permettre de limiter l'augmentation des volumes d'eau utilisés en agriculture à environ 14%».

L'agence de l'ONU pour l'agriculture prévient contre la tentation des "grands projets d'irrigation subventionnés par l'Etat » qui « avaient par le passé largement contribué à doper la production agricole et à améliorer les moyens d'existence des agriculteurs tout en réduisant les coûts des produits vivriers » mais qui avaient « été lents à s'adapter aux changements rapides du cadre économique », tout en pesant lourdement sur l'environnement.

« Le secteur agricole est confronté à un défi complexe: produire davantage d'aliments de meilleure qualité tout en utilisant moins d'eau par unité produite; offrir aux populations rurales les ressources et les possibilités qui leur permettraient de mener une vie saine et productive; utiliser des technologies propres garantissant un environnement durable; et participer de manière productive aux économies locales et nationales », résume la FAO qui espère que la Décennie de l'eau donnera l'occasion de réaliser ces objectifs.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.