L'OMS crée une Commission pour s'attaquer aux causes sociales de la mauvaise santé

18 mars 2005

L'agence de l'ONU pour la santé annonce la création d'une commission qui devra élaborer des stratégies pour aider les gouvernements à protéger la santé des populations défavorisées et réduire les causes sociales de la maladie afin de briser le cercle vicieux de la pauvreté et de la morbidité.

Le Président de la République du Chili, Ricardo Lagos Escobar, et le Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Lee Jong-wook ont annoncé aujourd'hui la création de la Commission des déterminants sociaux de la santé, un nouvel organisme chargé de lutter contre les causes sociales des problèmes de santé, indique un communiqué publié simultanément à Santiago, Genève et Londres.

Les membres de la nouvelle Commission - des experts mondiaux de la santé, de l'éducation, du logement et de l'économie – définiront des stratégies pour aider les gouvernements à protéger la santé des populations défavorisées et réduire les paramètres sociaux qui engendrent des problèmes de santé afin, explique le communiqué, « de briser le cercle vicieux de la pauvreté et de la morbidité ». La morbidité correspond au nombre absolu des malades dans un groupe donné et pendant un temps déterminé.

« C'est principalement la situation sociale qui détermine si l'on vivra jusqu'à 40 ou 80 ans, si l'on sera soigné pour une maladie qui peut être guérie et si l'on aura des enfants qui atteindront leur cinquième anniversaire », a déclaré LEE Jong-Wook à Santiago lors d'une cérémonie officielle qui marquait le lancement de la Commission.

« On ne peut pas mourir jeune uniquement parce qu'on est pauvre. Cette Commission aidera les pays, indépendamment de leur niveau économique, à appliquer des stratégies qui permettront aux pauvres et aux marginaux de vivre plus longtemps et en meilleure santé », a-t-il ajouté.

« Il existe un lien intrinsèque entre les paramètres sociaux et les inégalités en matière de santé », rappelle l'OMS.

Les paramètres sociaux contribuent à expliquer pourquoi l'on tombe plus souvent malade et pourquoi l'on meurt plus jeune si l'on est pauvre et marginalisé. Ils expliquent aussi les différences considérables qui existent en matière d'espérance de vie - 34 ans en Sierra Leone contre 82 ans au Japon.

Les déterminants sociaux expliquent également les inégalités en matière de santé à l'intérieur même d'un pays. En Indonésie, la mortalité des enfants de moins de cinq ans est presque quatre fois plus élevée chez les 20 % les plus pauvres que chez les 20 % les plus riches de la population

En Angleterre et au Pays de Galles, les dernières données font apparaître un écart de 7,4 ans d'espérance de vie entre les hommes des professions libérales et les travailleurs manuels non qualifiés.

Certains pays comme le Chili, le Royaume-Uni et la Suède appliquent déjà des programmes de santé novateurs qui tiennent compte des paramètres sociaux. Ces programmes d'aide sociale liant l'octroi des prestations à la scolarisation des enfants à l'école, à des visites médicales régulières et à d'autres mesures de promotion de la santé, contribuent à inverser la tendance « pauvreté = morbidité », indique le communiqué.

L'évaluation des inégalités en matière de santé aboutissant à la déclaration de zones d'action sanitaire et à des campagnes de promotion de la santé axées sur les groupes désavantagés permet aussi de protéger la santé des groupes vulnérables.

 

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