Conseil de sécurité : le débat sur le statut final du Kosovo pourrait commencer à la mi-2005

24 février 2005

En cas d'évaluation positive de la situation à la mi-2005, la communauté internationale doit être prête à entamer des discussions sur le statut final du Kosovo, a déclaré aujourd'hui l'Envoyé de l'ONU pour le Kosovo, qui présentait le dernier rapport du Secrétaire général au Conseil de sécurité. Parmi les points positifs, la reprise du dialogue direct entre Pristina et Belgrade et l'accord de l'Eglise orthodoxe serbe à la reconstruction des sites religieux détruits.

En cas d'évaluation positive de la situation à la mi-2005, la communauté internationale doit être prête à entamer des discussions sur le statut final du Kosovo, a déclaré aujourd'hui l'Envoyé de l'ONU, qui présentait le dernier rapport du Secrétaire général au Conseil de sécurité. Parmi les points positifs, la reprise du dialogue direct entre Pristina et Belgrade et l'accord de l'Eglise orthodoxe serbe à la reconstruction des sites religieux détruits.

« Près de 14 ans après l'éclatement d'une série de guerres à travers l'ex-Yougoslavie, et près de six ans après que l'OTAN est intervenue pour mettre fin aux graves violations des droits de l'homme au Kosovo, 2005 doit être l'année où l'on doit saisir l'occasion de résoudre un des derniers puzzles de l'ex-Yougoslavie : garantir la coexistence pacifique de toutes les communautés » de la province, a déclaré aujourd'hui Représentant spécial du Secrétaire général pour le Kosovo, Søren Jessen-Petersen lors d'une séance du Conseil de sécurité.

Le Représentant spécial et chef de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) présentait le dernier rapport du Secrétaire général sur la situation au Kosovo (S/2005/88) (sur le rapport, voir notre dépêche du 23 février 2005).

Devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial a notamment insisté sur les efforts « soutenus » du Gouvernement récemment élu pour accélérer la mise en oeuvre des « Normes prioritaires » et d'un certain nombre de critères, établis en conjonction avec la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), permettant d'évaluer les progrès accomplis.

A cet égard, il a rappelé que les Normes prioritaires étaient celles jugées « essentielles à l'amélioration des droits et des conditions de vie des communautés minoritaires et à l'édification d'un Kosovo multi-ethnique, démocratique et stable ».

« Les conclusions de l'évaluation technique présentée au Conseil sont claires », a déclaré Søren Jessen-Petersen en référence à l'étude approfondie qui accompagne le rapport du Secrétaire général : « les Institutions provisoires ont accompli des progrès notables, mais il faut aller plus loin pour s'assurer que la mise en place de mécanismes positifs conduit à des résultats sur le terrain ».

Pour l'avenir, a-t-il expliqué, « après la prochaine évaluation technique du mois de mai, un examen approfondi des normes doit avoir lieu à la mi-2005 ». « Si cet examen concluait que des progrès suffisants ont été faits, la communauté internationale doit être prête à s'embarquer sur le processus conduisant aux pourparlers sur le statut » final.

Se déclarant optimiste, Søren Jessen-Petersen a néanmoins prévenu contre les risques d'agitation politique et de violence dans la perspective de cette échéance.

En toute hypothèse, a-t-il prévenu, « la partition du Kosovo n'est pas une option réaliste », rappelant qu'il fallait édifier un Kosovo multiethnique.

Parmi les évolutions positives intervenues depuis la rédaction même du rapport, le chef de la MINUK a cité la décision du Saint-Synode de l'Eglise orthodoxe serbe de « reprendre un dialogue constructif sur la base de l'accord antérieur, une décision qui ouvre la voie à la reconstruction des églises détruites » lors des violences de mars 2004.

Søren Jessen-Petersen a rappelé que les progrès avaient été bloqués depuis septembre dernier par un haut prélat de l'Eglise orthodoxe serbe, bien que les Institutions provisoires d'administration autonome aient affecté 4,2 millions d'euros du budget de 2005 à la reconstruction des sites religieux.

Autre évolution positive, « la reprise du 'dialogue direct' entre Pristina et Belgrade, après 12 mois de boycott par Belgrade », a-t-il indiqué, confirmant que « le Groupe de travail sur les personnes disparues reprendrait ses travaux le 10 mars avec le Comité international de la Croix-Rouge ».

Le Représentant spécial a par ailleurs fait part des progrès dans la décentralisation, avec le choix de cinq municipalités pilotes, dont deux concernant particulièrement les Serbes du Kosovo, et appelé à l'implication de toutes les communautés.

Il a également annoncé l'organisation d'un recensement sur la population du Kosovo, qui comprendra les personnes déplacées en Serbie et Monténégro.

image• Retransmission de la séance du Conseil de sécurité [2h 47mins]

 

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